Un centre de ressources pour les migrants

Publié le 14/06/2012
Arménie
Un centre de ressources pour les migrants
 

Caritas Arménie va ouvrir, avec l’aide du Secours Catholique, un centre de ressources et d’information à Erevan, la capitale, avec une antenne à Gyumri, pour les victimes potentielles ou avérées de la traite des êtres humains.

L’Arménie laisse une grande latitude à son administration quant aux décisions à prendre en matière migratoire, face aux risques liés à l’émigration, en particulier la traite des êtres humains – le petit pays (29 743 km²) est à la fois le point de départ du fléau et le point de passage). Conséquence : le flou est de rigueur dans les échanges entre les autorités et les demandeurs. Faute d’informations précises, de nombreux candidats à l’émigration ignorent les obstacles légaux, sociaux, économiques… qu’ils risquent de rencontrer (notamment en cas de migration illégale) et les moyens d’éviter les abus dont ils pourraient être victimes.

La traite, mal prise en compte

L’enjeu est de taille pour le futur centre de ressources et d’information, alors que le phénomène de la traite est encore largement minoré par la société arménienne. Caritas veut organiser en amont un travail en profondeur : expliquer les risques d’une émigration clandestine, comment émigrer en sécurité, les droits et devoirs du migrant.

Une permanence téléphonique sera le lieu-carrefour permettant de répondre avec précision et clarté à des questions pratiques sur les départs à l’étranger en vue de travailler, sur l’obtention d’une prise en charge psychologique, sociale pour les victimes de la traite, avec leur orientation le cas échéant vers des structures publiques ou privées. Par ailleurs, un site internet offrira un accès rapide aux lois en vigueur dans l’Union européenne concernant la circulation des personnes ainsi qu’un état des lieux des opportunités d’emploi et d’études.

Débats, conférences, formations

Soucieuse également d’alerter les nombreux jeunes tentés d’aller vivre à l’étranger, Caritas va organiser des débats, des conférences ou des séminaires dans des orphelinats, établissements d’enseignement supérieur, collèges professionnels, centres d’accueil de jeunes, camps d’été dans des régions rurales. Deux formateurs seront recrutés à cet effet, l’un établi à Erevan, l’autre à Gyumri. Ils auront aussi pour tâche de définir des projets professionnels avec des candidats potentiels au départ, de bâtir des outils d’information.

Sur la base de ce travail, Caritas Arménie veut faire pression sur l’État afin qu’il s’implique davantage dans la définition de la politique migratoire et qu’il s’engage dans la lutte contre la traite des êtres humains, les trafics de migrants. Elle fera des recommandations en ce sens au gouvernement pour améliorer le cadre législatif existant.

Le Secours Catholique a versé 44 735 euros à Caritas Arménie pour contribuer au financement du projet sur la période du 1er mai 2012 au 30 avril 2013, pour un budget total de 140 541 euros sur deux ans.

 

Yves Casalis
crédit : Flore-Aël Surun/SC
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