Un livre qui touche au plus profond

Publié le 21/06/2016
France
Un livre qui touche au plus profond
 

Aumônier général du Secours Catholique-Caritas France, Dominique Fontaine vient de publier L’Évangile entre toutes les mains. Le livre est le fruit des réflexions de 25 groupes de personnes en difficulté accompagnés par le Secours Catholique.

Ils ont étudié trente passages bibliques en les confrontant à leurs parcours de vie. « L’Évangile contient un message qui peut toucher tout le monde, explique Dominique Fontaine : agnostiques, musulmans… »

À l’occasion de Pentecôte, découvrez dans l’ouvrage le texte des Actes des Apôtres qui se rapporte à l’Esprit saint, le commentaire de Bernadette, Delphine, Justinia, Jean-Baptiste, Fatou, Léonie, Aya, Marie-Christine, Jean-Philippe… et la mise en perspective de Dominique Fontaine.

Dominique Fontaine, L’Évangile entre toutes les mains, Éditions de l’Atelier, 2016, 10 euros.

 

Extrait de la Bible : la Pentecôte

Quand arriva le jour de la Pentecôte, ils se trouvaient réunis tous ensemble. Soudain un bruit survint du ciel comme un violent coup de vent : la maison où ils étaient assis en fut remplie tout entière.

Alors leur apparurent des langues qu’on aurait dites de feu, qui se partageaient, et il s’en posa une sur chacun d’eux. Tous furent remplis d’Esprit saint : ils se mirent à parler en d’autres langues, et chacun s’exprimait selon le don de l’Esprit.

Or, il y avait, résidant à Jérusalem, des Juifs religieux, venant de toutes les nations sous le ciel. Lorsque ceux-ci entendirent la voix qui retentissait, ils se rassemblèrent en foule. Ils étaient en pleine confusion car chacun d’eux entendait dans son propre dialecte ceux qui parlaient.

Dans la stupéfaction et l’émerveillement, ils disaient : « Ces gens qui parlent ne sont-ils pas tous Galiléens ? Comment se fait-il que chacun les entende dans son propre dialecte, sa langue maternelle ? » […] Alors Pierre, debout avec les onze autres Apôtres, éleva la voix et [se mit à leur parler].

Actes des Apôtres, chap. 2, v. 1-8 et 14

 

Groupe de parole : l'Esprit saint rencontre notre être profond

 « – Ils ont tout verrouillé, comme à Bangui pendant la guerre civile. Ils se disent : “Ce qu’ils ont fait à notre chef, ils vont nous le faire.”

– Ils attendaient. Ils n’avaient pas encore reçu quelque chose pour qu’ils se dévoilent. Lorsqu’ils découvrent cela, c’est comme un grand bruit.

– C’est le bruit du vent, ils sont à l’intérieur du vent. La maison est remplie, mais eux sont remplis de l’Esprit saint.

– Le feu, c’est le buisson ardent de Moïse. Ils brûlent. L’Esprit saint brûle.

– Le feu se pose sur chacun. Ils vivent ensemble l’expérience de l’Esprit saint. Mais le feu est sur chacun, qui se retrouve sans se fondre dans la communauté.

– L’Esprit saint rencontre ton être profond. Quand tu as l’Esprit saint en toi, tu ne peux pas le cacher.

– J’ai voulu traduire ce récit dans ma langue, le bété. Je n’ai pas réussi. J’ai téléphoné à ma mère à Abidjan. Elle m’a dit : “L’Esprit saint chez nous, c’est le mot ombre. L’ombre qui te couvre et te protège, qui diffuse la lumière. C’est ça que nos ancêtres ont reçu.”

– Chez nous aussi. C’est donc ce qu’on a senti pour traduire l’Esprit saint dans les langues africaines.

– “Ils se mirent à parler en d’autres langues” : c’est trop fort ! Tu parles la langue de quelqu’un d’autre, alors que ce n’est même pas ta langue.

– En fait, quand tu parles la langue de l’Esprit saint, les autres peuvent comprendre. Quand ça vient de toi, ils ne comprennent pas. Avec l’Esprit, tu arrives à comprendre ce que tu ne comprenais pas.

– Cet Esprit que Dieu nous donne là, ne se manifeste pas de la même manière chez tous. Chez moi parfois il dort, chez toi non. Chacun a l’Esprit saint, il faut le laisser nous réveiller.

– Quand Pierre a vu ce qui arrivait à son maître, il a eu peur et il l’a renié. Il s’est senti lourd. Et là, avec l’Esprit saint, il se sent léger.

– Jésus peut nous donner l’Esprit saint à nous aussi.

– Chacun peut entendre ce message, qui touche au plus profond. On parle en termes de vie matérielle, comme si c’était ça qui fait vivre. Or c’est plutôt les relations qu’on va nouer, s’occuper de ses enfants et recevoir d’eux, se rendre service les uns aux autres. C’est ça qui fait vivre. »

 

 

Le message de Dominique Fontaine : l'ombre de l'Esprit saint

Avec ce groupe de personnes originaires d’Afrique, dans ma paroisse, j’ai découvert la force de l’Esprit saint, qui transparaît dans ce récit de la Pentecôte.

Elles ont connu la peur, en Centrafrique, au Congo ou ailleurs, les difficultés de tous ordres pour vivre en France, mais aussi la chaleur d’une communauté paroissiale ouverte, où l’équipe du Secours catholique joue un rôle important.

Et voici qu’elles nous font découvrir une présence de l’Esprit saint qui n’est pas intellectuelle, mais concrète, personnelle et communautaire à la fois, procurant chaleur, sérénité et enthousiasme.

Elles nous font découvrir aussi l’importance des langues, qui permettent de se comprendre en profondeur, à condition que ce soit la langue de l’Esprit saint. En hébreu, l’Esprit de Dieu est le souffle ; en langue africaine, l’ombre dont on a besoin pour ne pas être exposé au soleil brûlant.

C’est la nuée qui apparaît à la Transfiguration. C’est aussi ce que l’ange promet à Marie. Alors, comme elle, laissons l’Esprit saint nous couvrir de son ombre !

Yves Casalis
Crédits photos : © Christophe Hargoues/Secours Catholique
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