Un logement flambant neuf

Publié le 25/10/2012
Maisons-Alfort
Un logement flambant neuf
 

L’Île-de-France est la région la plus touchée par le mal-logement, avec 30 à 45 % de l’habitat indigne. À Maisons-Alfort, en août dernier, le grenier aménagé où vivait une famille a brûlé. Avec l’aide du Secours Catholique, cette famille a pu trouver un nouveau logement, flambant neuf celui-là. Témoignage d’Habiba.

« Nous habitions dans un grenier aménagé, à Maisons-Alfort, au 2e étage d’un petit immeuble. Un soir, alors que nous étions en train de dîner, mon mari a commencé à sentir une odeur de brûlé. J’ai pensé que c’était les jeunes de la cité voisine qui brûlaient des poubelles. Et puis, tout à coup, il s’est mis à y avoir de la fumée partout. On a ouvert la porte d’entrée, tout était noir, on était bloqués, c’était impossible de sortir. Les pompiers sont arrivés vite, c’était la panique, on est montés sur une chaise pour se montrer à la fenêtre, on avait peur qu’ils ne nous voient pas. Heureusement un voisin leur a dit que nous étions coincés au 2e étage. Ils ont d’abord évacué mon fils [alors âgé de 3 mois, ndlr]. Je ne pouvais pas regarder tellement j’avais peur qu’ils le laissent tomber. Puis mon tour est venu, je faisais de l’asthme, le pompier a pris le temps de me calmer, parce qu’un faux pas aurait été fatal.

Le petit a été hospitalisé jusqu’à 3 heures du matin à cause de la fumée qu’il avait respirée. La police m’a appelée et m’a dit que la mairie prenait en charge l’hôtel pendant trois jours. L’un des adjoints au maire est venu nous voir le lendemain dans notre chambre, il nous a dit : "on ne va pas vous laisser tomber, on va vous trouver un logement d’urgence".

Le lundi suivant, je suis allée à la mairie, j’ai revu l’adjoint, qui m’a de nouveau rassurée, puis on m’a donné de l’argent pour aller déjeuner à la cantine de la mairie. Quand je suis revenue l’après-midi, on m’a dit qu’il était parti en vacances. C’est un autre adjoint qui m’a reçue. J’ai craqué, je pleurais, je lui ai demandé ce que j’allais faire avec mon bébé… Il m’a regardée de haut en bas puis il m’a répondu : "je ne peux rien faire, c’est votre bébé, c’est votre responsabilité".

À l’hôtel, le soir, on nous a dit qu’on ne pouvait pas rester parce que le bébé, qui était malade, pleurait la nuit et empêchait les autres clients de dormir. Nous avons été ballottés à droite et à gauche pendant plusieurs semaines, jusqu’à ce qu’une de mes amies appelle Solidarités Nouvelles [une association qui lutte contre le chômage et l’exclusion, ndlr], qui lui a donné le numéro du Secours Catholique.

J’ai alors pris contact avec les gens du Secours Catholique, et ils m’ont aidée à trouver un logement sur Internet. On est allés visiter un appartement à Créteil, avec deux dames de l’association. Le propriétaire a tout de suite accepté de nous le louer sous forme d’un "bail glissant". Le principe c’est que pendant un an, le Secours Catholique est locataire, et nous ne sommes que sous-locataires. Ensuite, si tout se passe bien, on devient locataires. Sans cette aide, nous n’aurions pas trouvé de location : mon mari travaille dans le BTP, et moi dans un supermarché à Alfortville, mais je suis en congé maternité.

On a emménagé début octobre. Tous nos anciens meubles ont brûlé, mais ce n’est pas grave, l’important c’est d’avoir un toit. Tout est neuf, propre, on est à côté des transports. On est heureux ici. »

Marina Bellot
crédit : L. Charrier - MYOP/Secours Catholique
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