Une session nationale, un projet associatif

Publié le 12/10/2012
Strasbourg
 

Près de cinq cents cadres et animateurs du Secours Catholique se sont rassemblés à Lourdes du 8 au 12 octobre 2012, à la Cité Saint-Pierre. Bernard Thibaud, secrétaire général de l’association, a rappelé le chemin parcouru avant de préciser sa vision pour l’avenir.

L’ensemble des « forces vives d’animation salariées », venues de toute la France, métropole et outre-mer, ont réfléchi pendant une semaine autour du thème : comment « vivre ensemble notre projet associatif ». Bernard Thibaud, secrétaire général, a introduit cette réflexion en rappelant dans un discours prononcé en assemblée plénière la mission confiée par l’Église de France à l’association : faire « rayonner la charité » en France et dans le monde. Profitant de ce rassemblement des cadres et des animateurs, anciens et nouveaux, il a énoncé les trois principales mutations que le Secours Catholique a connues durant ces dernières soixante-cinq années de lutte contre la misère.

Trois mutations ont construit en profondeur le Secours Catholique

> La promotion de la justice, inséparable de la charité : elle est son « minimum » (Paul VI).
> La lutte contre l’exclusion des pauvres en s’associant avec eux. Pour construire une société juste et fraternelle, en révélant à l’Église et à la société les valeurs et richesses des personnes exclues. Dans la dignité, la solidarité, la justice, dans une manière « fondamentalement évangélique », « dans une conversion profonde de nos regards et nos pratiques ».
> Le renforcement de la diaconie de l’Église dans la société, par la mise en relation des personnes en difficulté avec l’ensemble de la communauté chrétienne et humaine.

Bernard Thibaud a exhorté chacun à approfondir et à partager le sens de ses engagements en rappelant les mots de saint Vincent de Paul : « évangéliser pour rendre effectif l’Évangile dans la vie des hommes ». Et, sur les pas de Jésus qui « s’est adressé en priorité aux plus fragiles, en les aidant à retrouver une place dans la communauté humaine, en leur disant qu’ils sont aimés de Dieu », Bernard Thibaud appelle à « créer en tout lieu les conditions qui permettent à chacun de retrouver confiance en soi, dans les autres et dans la vie, de se sentir aimé et d’aimer à son tour ». Car « évangéliser, c’est œuvrer pour transformer les relations entre tous, non pas des relations de pouvoir, mais des relations d’entraide… et de fraternité entre tous ».

Des actions aujourd’hui et pour les années à venir

Poursuivant son message à l’ensemble les salariés rassemblés, le secrétaire général a souhaité reprendre le projet associatif en clarifiant les six orientations pédagogiques et les dix chantiers prioritaires que l’association a elle-même définis pour les cinq années à venir. Des points de repères communs qui déterminent les projets pour chaque délégation diocésaine, pour chaque direction nationale. Leur évolution exige une animation plus proche des exclus, une communication et des ressources humaines renforcées.

L’amplitude des changements

Comme toute évolution, Bernard Thibaud reconnaît les efforts d’adaptation qu’elle suppose. Il perçoit les tensions entre ceux que les logiques « entreprise » ou « charité » convainquent différemment. Les deux sont nécessaires. La charité est première, et l’organisation indispensable. Il y a là nécessité de débattre : « Le Secours Catholique n’est pas une organisation de charité, mais la charité qui s’organise. » Un management, des compétences au service de notre mission et de la qualité des relations humaines.

La multiplicité des changements

Bernard Thibaud a invité les forces vives du Secours Catholique à lutter contre l’activisme et à se recentrer sur le cœur de notre mission et les changements. Et c’est en nous « ressourçant » à l’Évangile que, à tous les niveaux de notre organisation, chacun résistera à la tentation de toute-puissance. Pour tenir dans la durée, Bernard Thibaud a affirmé que « nous ne pouvons et ne devons pas tout faire. Si le Secours Catholique a su se fixer des priorités, et malgré notre caractère généraliste, nous devons nommer explicitement ce à quoi nous serions prêts à renoncer. »

Prendre le temps de contempler

Enfin, le secrétaire général a voulu partager sa conviction qu’« il faut un temps pour agir et un temps pour contempler » (adaptation libre du Livre de l’Ecclésiaste, chap. 3). Il a invité chacun à « prendre conscience que tout ne dépend pas que de nous et de nos efforts… et que la seule chose vraiment nécessaire est de nous mettre à l’écoute les uns des autres et faire confiance à l’Esprit qui agit en chacun. »

 

Marie-Hélène Content
crédit : Élodie Perriot/Secours Catholique
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