Urgence : vers une « somalisation » de la Centrafrique ?

Publié le 26/07/2013
Centrafrique
Urgence : vers une « somalisation » de la Centrafrique ?
 

Depuis le coup d’État de mars dernier, la République centrafricaine plonge encore un peu plus dans le chaos. Mi-juillet, le secrétaire exécutif de la Caritas nationale a été grièvement blessé par balle.

L’abbé Élysée Guedjande, secrétaire exécutif national de la Caritas Centrafrique, s’apprêtait à prendre le volant de sa voiture, vendredi 19 juillet, quand des hommes non identifiés ont fait feu sur lui pour s’emparer de son véhicule. Hospitalisé, ses jours ne sont plus en danger. D’autres témoins racontent les violences qu’ils endurent, comme un jeune homme le fait sur le blog de Caritas.

Ces exactions sont devenues quotidiennes depuis qu’en mars dernier, la Seleka (coalition rebelle hétérogène composée de combattants venus du nord du pays mais aussi de mercenaires soudanais ou tchadiens) a pris le pouvoir par la force. À leur tête, Michel Djotodia s’est proclamé chef de l’État.

La Fédération internationale des ligues des droits de l’homme (FIDH) affirme que plus de 400 meurtres ont été commis ces quatre derniers mois. Plusieurs bandes armées aux ordres de seigneurs de guerre essaiment dans le pays en commettant assassinats, viols, détentions, pillages…

Climat délétère

Dans presque tout le pays, les écoles sont fermées. L’argent manque. L’insécurité se généralise. Le pays est hors de contrôle. En référence à la Somalie où l’anarchie règne depuis plusieurs années, nombreux sont ceux qui craignent aujourd’hui la « somalisation » de la Centrafrique, pays grand comme la France et la Belgique réunies et peuplé de 4,5 millions d’habitants.

Dans ce climat délétère, la situation humanitaire est catastrophique. La population, en proie à une peur constante, se réfugie dans la brousse ou dans les pays voisins. Les paysans ne peuvent plus cultiver et les stocks de semences sont pillés ou brûlés. Les centres de santé ont été particulièrement affectés et la plupart ne sont plus en état de fonctionner.

Tribune

L’Union africaine prévoit d’envoyer une force de paix de 3 600 hommes afin de contribuer à rétablir la situation dans le pays. Quant à la communauté internationale, elle est principalement préoccupée par d’autres crises (Syrie ou Mali par exemple).

Pourtant la situation est tout aussi alarmante. En juin dernier, quatre responsables d’associations françaises (dont François Soulage, président du Secours Catholique) avaient publié dans La Croix une tribune pour informer l’opinion sur l’urgente nécessité « d’apporter sans délai de l’aide humanitaire à une population en danger », « d’appuyer le rétablissement d’un processus démocratique » et de « rétablir le fonctionnement de l’administration et des services sociaux de base (éducation, santé) ».

Accès aux soins

Le pôle des urgences internationales et le pôle Afrique du Secours Catholique suivent attentivement la situation et maintiennent un contact régulier avec les partenaires.

Un programme d’accès aux soins de santé débute le 1er août pour réhabiliter et doter en équipements et médicaments une dizaine de centres de santé. Le Secours Catholique a débloqué 61 000 euros pour ce programme qui devrait bénéficier à plusieurs milliers de personnes.

Jacques Duffaut
Crédits photos: © Thierry Messongo/Landov/Maxppp
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