Young Caritas : une jeunesse solidaire

Publié le 03/09/2015
Young Caritas : une jeunesse solidaire
 

Fin août, Saint-Malo a accueilli la deuxième université d’été Young Caritas. Ils étaient près de 300 jeunes du Secours Catholique et du réseau international Caritas réunis pour échanger sur le « Vivre ensemble ». Bénévoles en France ou à l’étranger, Julien, Lynn, Ramez, Laura et Pierre racontent leur engagement.

 

« On ne voit pas les résultats de notre investissement tout de suite »

Julien Chevènement, 25 ans, bénévole depuis 6 mois au Secours Catholique en Moselle.

« Depuis six mois, je fais de l’accompagnement scolaire auprès d’une petite fille de CE1. Je la vois presque toutes les semaines, chez elle, pendant une heure et demi. C’est un moment important pour elle, car faire ses devoirs lui demande un gros effort de concentration ; mais on passe du bon temps ensemble !

Être bénévole m’apprend à me donner gratuitement : on ne voit pas les résultats de notre investissement tout de suite, c’est un travail sur le long terme. Ça pourrait me décourager, au-delà des devoirs, il y a aussi tout un enjeu de confiance à établir avec l’enfant. Chaque semaine, il faut toujours un petit temps pour rétablir cette confiance, mais elle s’installe progressivement, et c’est aussi ce dont elle a besoin.

Dans ce sens, j’aimerais faire davantage de pèlerinages avec des jeunes, pendant les vacances par exemple. En restant plusieurs jours consécutifs ensemble, cela nous permet de faire beaucoup d’échanges et de créer des liens forts. »

 

« Je voulais savoir si je pouvais travailler auprès des enfants »

Lynn Beckené, 24 ans, bénévole à Caritas Luxembourg depuis 8 ans

« Quand j’ai commencé à être bénévole, je voulais savoir si je pouvais travailler auprès des enfants. J’ai tellement aimé que je suis restée, et ça fait 8 ans ! Je suis encore étudiante, j’ai donc du temps pendant mes vacances scolaires. Je mets ce temps à profit pour emmener les enfants en colonies de vacances : à Caritas Luxembourg, beaucoup d’enfants défavorisés viennent bénéficier du programme « colonies de vacances Young Caritas », car ils ne paient presque rien.

Quand on peut donner la possibilité à un enfant d’oublier, pendant une semaine, les problèmes qu’il peut avoir chez lui, quand on le voit sourire et passer de bons moments avec les autres enfants, ça donne envie de continuer. C’est vraiment génial de retrouver tous ces jeunes engagés à cette Université d’été, et de voir les nationalités et les cultures se mélanger… Ça m’inspire car j’espère monter un projet similaire au Luxembourg pour mettre en avant le vivre ensemble, mais avec des enfants, de toutes cultures également. »

 

« L’important n’est pas de construire quelque chose d’énorme, c’est de venir à la rencontre de l’autre »

Laura Bennardi, 18 ans, bénévole depuis deux ans au Secours Catholique, à Aix-en-Provence

« Avec neuf autres jeunes bénévoles aixois et deux adultes, nous nous sommes mobilisés pendant dix-huit mois pour monter un grand projet : partir en mission solidaire à Madagascar. On se réunissait une fois par semaine, le samedi, pour récolter des fonds pour notre voyage. Je rentre tout juste d’Antsirabe (la troisième ville du pays, située au centre de l’île), où j’ai passé trois semaines très riches : nous avons planté des arbres, aidé à la construction de toilettes sèches, donné des cours d’informatique à des jeunes, et sensibilisé au don du sang… D’ailleurs, j’ai moi-même donné mon sang, c’était la première fois !

Nous avons aussi rencontré le Père Pedro, qui fait de grandes messes et est très connu là-bas. Il nous a expliqué que le plus important n’est pas de construire quelque chose d’énorme pour dire « j’ai construit », mais c’est de venir à la rencontre de chaque personne étrangère, et de progressivement, mélanger les communautés pour un monde plus ouvert d’esprit.

J’adore voyager, mais c’était la première fois que je le faisais en tant que bénévole. J’ai découvert l’envers du décor, celui que l’on voit quand on va quelque part pour aider les gens et non simplement pour faire du tourisme. En rentrant en France, j’étais bouleversée : ce voyage m’a fait réfléchir, et réaliser la chance que j’ai de vivre en France. »

 

« En Egypte, on est habitué à faire du volontariat dès l’école primaire »

Ramez Youssef, 28 ans, bénévole à Caritas Alexandrie en Egypte depuis ses 12 ans.

« J’ai fais mes premiers pas en tant que bénévole à Caritas Alexandrie en 1998, à 12 ans seulement. Ce n’est pas rare en Egypte, où l’on est habitué à faire du volontariat dès l’école primaire. Maintenant que j’ai un emploi d’ingénieur télécom, je donne mon temps ponctuellement pour des formations par exemple, ou pour aider à l’organisation des camps de service (qui permettent de créer des activités pour tous, notamment pendant l’été).

Avec l’équipe, nous sommes aussi très investis dans l’accompagnement des personnes handicapées, ainsi que dans la défense des droits des femmes et des enfants égyptiens, pour laquelle nous travaillons en collaboration avec des cabinets d’avocats. Ici, à Saint-Malo, c’est la première fois que je rencontre une telle diversité culturelle : des jeunes des quatre coins du monde se sont déplacés. C’est génial de pouvoir échanger nos expériences avec les autres bénévoles, sentir que l’on est pas seul, que de nombreuses personnes se mobilisent pour le bien des êtres humains, peu importe leur origine ou leur sexe. Il faudrait aller encore plus loin, et créer un grand projet tous ensemble ! »

 

« Le bénévolat c’est un état d’esprit ! »

Pierre Serillon, 27 ans, animateur salarié du Secours Catholique à la délégation d’Aix-en-Provence, et Brigitte Lekieffre, 58 ans, bénévole dans la délégation des Hauts-de-Seine.

Aujourd’hui animateur salarié au Secours Catholique à Aix-en-Provence, Pierre a été bénévole pendant plusieurs années.

 

« Le bénévolat naît toujours plus ou moins d’un sentiment de révolte, ou d’une volonté d’améliorer les choses, de changer le monde, ou de donner un petit peu d’amour ou de temps », explique-t-il, avant de tempérer : « Ces envies restent parfois dans la théorie. »

Il rejoint Brigitte, bénévole depuis trois ans au Secours Catholique dans les Hauts-de-Seine, lorsque celle-ci explique que « le fait d’intégrer une structure nous permet de concrétiser ces envies : on se rend compte que l’on agit vraiment une fois qu’on y est ».

Donner le temps que l’on peut

« Ce n’est qu’une fois que l’on a franchi ce premier pas que l’on peut trouver notre rythme en tant que bénévole », ajoute Pierre. Il se souvient des interrogations qui ont précédé son engagement : « Est-ce que j’ai l’envie, la possibilité de donner un, deux, trois jours ? Est-ce que je n’en donne qu’un seul, mais je le donne à fond ? » À chacun de trouver une réponse.

Brigitte, par exemple, qui s’était déjà beaucoup investie dans le scoutisme, « voulait bien reprendre une activité bénévole, mais pas de façon trop envahissante », soucieuse de ménager du temps pour sa famille. Elle passe donc une demie journée par semaine au Secours Catholique. Qu’elle complète par une présence au CCAS (Centre communal d’action social) une fois tous les deux mois. Elle dit avoir trouvé un bon équilibre.

« Dans tous les cas, intervient Pierre, je crois qu’il est important pour un bénévole de garder du temps pour soi. Pour se reposer, mais aussi pour se reconnecter à la raison même de son investissement. »

Adopter l’état d’esprit

« Mais être bénévole, ce n’est pas seulement être présent tant de jours par semaine, assurent Pierre et Brigitte. C’est surtout avoir un état d’esprit, celui du don, et de la volonté d’être présent pour des personnes. »

Pierre raconte comment ses débuts en tant que bénévole ont influencé sa manière d’agir au quotidien. La confrontation à des sentiments de détresse et à la pauvreté était presque une nouveauté pour lui.

« En passant du temps dans des endroits comme le Secours Catholique, où le partage, la parole et l’écoute sont privilégiés, quelque chose se crée en toi, sans que tu t’en rendes spécialement compte, explique-t-il. Le don n’est plus l’histoire d’un ou deux jours par semaine, ça devient un état d’esprit. »

Crédits photos : ©Yann Castanier/Secours Catholique
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