À Cergy, on accueille les réfugiés

Publié le 30/09/2015
Cergy
cours de français donné par le Secours Catholique aux migrants
 

Dans le Val d’Oise, le Secours Catholique se mobilise pour accueillir des migrants syriens et irakiens. Sur la base de loisirs de Cergy, plusieurs dizaines de bénévoles se relaient pour être à leurs côtés.

« Ça, c’est un arbre, et ça s’écrit A.R.B.R.E. » Carole, animatrice pour le Secours Catholique du Val d’Oise, dessine avec les enfants et tente de leur enseigner quelques lettres de l’alphabet latin. Un petit garçon s’applique pour écrire le mot « arbre » … de droite à gauche, comme l’arabe, ce qui fait sourire Carole. « Je viens tous les matins, juste pour montrer à ces gens qu’on est là pour eux. »

La centaine de migrants syriens et irakiens sont arrivés mi-septembre sur la base de loisirs de Cergy mis à disposition par l’agglomération de Cergy-Pontoise. La préfecture, qui assure l’hébergement et les repas, a demandé au Secours Catholique de coordonner l’aide associative : l’ONG Première urgence internationale s’occupe notamment des problèmes de santé, le Secours populaire assure la livraison de vêtements et de produits d’hygiène et le Secours Catholique prend en charge l’écoute, l’aide à la traduction et l’enseignement du français.

Côté papiers, ces migrants passeront en procédure prioritaire : l’OFPRA (Office français de protection des réfugiés et apatrides) vient plusieurs fois par semaine à Cergy pour remplir les dossiers. D’ici la fin de l’année, tous devraient voir leurs demandes traitées.

Apprendre le français pour s’intégrer

Dans des tentes installées dehors, des salles de classe improvisées. Des bénévoles du Secours Catholique donnent des cours de français aux adultes. « Bonjour Monsieur, je m’appelle Ali » clame fièrement un jeune Irakien.

Elisabeth Lavaur coordonne les enseignements ; elle a fait des groupes de niveaux selon leur niveau d’anglais (connaître l’alphabet aide) : « C’est important pour eux d’apprendre le français pour pouvoir ensuite se déplacer, lire les panneaux de bus, connaître les prix des choses. Et une fois le statut de réfugié obtenu, ils devront trouver un appartement, un emploi, ils auront besoin de maîtriser la langue. »

Marie-Monique est l’une des 20 bénévoles professeurs : « Je suis heureuse de les aider à s’intégrer. Ils ont une volonté de fer pour apprendre le français, c’est une confrontation très émouvante pour moi. »

 
À Cergy, on accueille les réfugiés

Cours de français pour les réfugiés à Cergy

 

En attendant de pouvoir s’exprimer en français, les migrants passent par les interprètes bénévoles du Secours catholique, comme Djemila, jeune femme qui s’est portée volontaire lorsqu’elle a appris que Cergy accueillait des migrants, ou encore Abdellah, bénévole dans l’association depuis 28 ans.

« Quand Abdellah est là, il ne manque rien, on peut parler avec tout le monde à travers lui. » témoignent Najah et Yasser. Ce couple syrien a perdu ses deux enfants dans des bombardements à Raqa, désormais fief de l’Etat islamique, avant d’entreprendre « le voyage de la mort » comme ils disent. Ils espèrent désormais avoir une nouvelle maison « pour pouvoir accueillir à (leur) tour ».

Des parrainages pour la suite

Pour Florence Dauthuille, déléguée du Secours Catholique du Val d’Oise, il était évident de venir en aide à ces migrants : « On accueille notre frère en se référant au discours du Pape, qui a demandé à chaque paroisse d’accueillir une famille. On ouvre à toute personne qui frappe à notre porte. »

Une fois régularisés, les migrants sont censés quitter les lieux. Alors l’Église et le Secours Catholique du Val d’Oise ont lancé un appel au niveau des paroisses pour leur trouver des hébergements, comme des appartements inoccupés. L’idée est aussi de mettre en place des parrainages pour accompagner les réfugiés sur la durée. « L’exemple de cette base de loisirs de Cergy doit montrer que c’est possible de venir en aide aux migrants, pour qu’on puisse par la suite en sauver d’autres. » témoigne Abdellah.

Dans la cour de la base, les enfants ont fini de dessiner. Ils se sont tournés vers Jérôme, bénévole venu avec sa guitare, qui leur fait chantonner des comptines françaises. « Et pendant que sommeille le grand ours » reprennent ils, tous en cœur, le sourire aux lèvres !

NDLR : les enfants sont scolarisés depuis le 21 septembre.

Cécile Leclerc-Laurent
Crédits photos : ©Xavier Schwebel/Secours Catholique
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