Allocations : la politique familiale ne doit pas faire les frais d’enjeux budgétaires

Publié le 04/04/2013
France
 

Le rapport Fragonard, qui avance des propositions sur la politique familiale, doit être étudié à partir du 4 avril par le Haut Conseil de la famille. Le Secours Catholique demande une redistribution bénéficiant à toutes les familles.

Le 4 avril, le Haut Conseil de la famille discutera des propositions avancées par le rapport de son président, Bernard Fragonard, sur les moyens de rétablir l’équilibre de la branche famille de la Sécurité sociale. Conscient des enjeux budgétaires auxquels est confronté le gouvernement, le Secours Catholique rappelle toutefois que la politique familiale et la lutte contre la pauvreté ne doivent pas en faire les frais.

Remplacer le système de quotient familial par un crédit d’impôt

« Le système actuel favorise les familles les plus riches. C’est le résultat d’une politique nataliste qui date de plusieurs dizaines d’années. Aujourd’hui la société a évolué et notamment le type de famille. Nous ne pouvons donc pas rester dans ce système », affirme Brigitte Alsberge, responsable du département Solidarités familiales du Secours Catholique. Exemple : le quotient familial génère 13 milliards d’euros dont la moitié profite aux 10 % des familles les plus riches et les deux tiers aux 20 % des familles les plus aisées. Par ailleurs, les familles non imposables n’en bénéficient pas, or ce sont les plus pauvres. « La valeur d’universalité ne s’applique donc plus », commente Brigitte Alsberge.

Plutôt que d’abaisser encore une fois le quotient familial, comme cela est préconisé par le rapport Fragonard, le Secours Catholique demande à ce que ce système soit remplacé par un crédit d’impôt universel égal pour chaque enfant. Cette somme, évaluée à 750 euros par enfant et par an, serait déductible des impôts pour ceux qui en paient et serait également versée à ceux qui ne sont pas imposables.

Des allocations familiales vraiment universelles

Le rapport Fragonard avance également la possibilité de moduler le montant des allocations familiales en fonction des revenus. Le Secours Catholique estime quant à lui qu’il est plus juste et respectueux du principe d’universalité de prévoir la même somme pour chaque enfant et que le versement des allocations se fasse dès le premier enfant.

Plus de places en crèche pour les plus pauvres

« L’atelier "Familles vulnérables, enfance et réussite éducative" de la conférence nationale contre la pauvreté et pour l’inclusion sociale préconisait d’augmenter à 10 % le nombre de places en crèche réservées aux enfants de familles vivant au-dessous du seuil de pauvreté, explique Brigitte Alsberge. Au Secours Catholique, nous pensons qu’il faut un pourcentage de ces places en crèche aussi important que le pourcentage de pauvreté sur un territoire donné. »

Le Secours Catholique engagé par souci d’équité

Un enfant sur cinq est touché par la pauvreté. Sur un million et demi de personnes vivant sous le seuil de pauvreté rencontrées dans les accueils du Secours Catholique, 668 000 sont des enfants. « Quelques-unes des familles que nous rencontrons ne bénéficient pas de certaines aides, explique Brigitte Alsberge. Notre souci aujourd’hui est de savoir comment ces familles peuvent être aidées et soutenues. Nous demandons plus d’équité et un mode de répartition plus juste. »

 

Clémence Véran-Richard
© Xavier Schwebel/SC
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