Amazonie : sauver les habitants du plus grand réservoir de biodiversité du monde

Publié le 10/10/2014
 

Nathalie Garcia, responsable du pôle Amérique latine-Caraïbes au Secours Catholique, a assisté à la naissance du “Réseau ecclésial pan-amazonien” (REPAM) à Brasilia, du 8 au 13 septembre. Cette rencontre a eu lieu en présence, notamment, du Conseil pontifical Justice et Paix, d’évêques et des Caritas de la région. En jeu, la sauvegarde du plus beau fleuron de l’humanité : le bassin amazonien.

Pourquoi créer un “Réseau ecclésial pan-amazonien” ?

Le bassin amazonien (appelé Pan-Amazonie) traverse 9 pays. Pour l’Église catholique, c’est-à-dire en l’occurrence le Conseil épiscopal latino-américain, la Conférence épiscopale du Brésil, la Caritas Amérique latine, le Conseil pontifical Justice et Paix, à l’origine de ce Réseau ou en soutien, il est urgent d’agir car ce territoire – le plus grand réservoir de biodiversité au monde – et ses habitants sont en péril !

Les grands projets extractifs, les monocultures, comme l’huile de palme en Bolivie, et le changement climatique menacent la dignité et l’autodétermination des peuples. Il est aussi urgent d’unir tous les acteurs ecclésiaux de la région pour mieux dialoguer et mieux coordonner leurs initiatives.

Dans l’Amazonie brésilienne, la déforestation s’est accélérée entre août 2012 et juillet 2013 : une hausse de 30 % par rapport à l’année précédente !

Avec le changement climatique l’urgence s’accélère. Le Brésil, par exemple, pratique la culture extensive mais aussi intensive [1]du bétail tandis qu’en Bolivie une partie de la forêt amazonienne est devenue un champ dédié à l’élevage industriel, sous la pression de multinationales.

Le Réseau ecclésial pan-amazonien a également pour objectif de peser davantage sur les décideurs politiques et économiques. Notamment, pour montrer à la lumière de ce qui se passe dans l’Amazonie brésilienne, que ce modèle productiviste en vogue a ses limites et qu’il faut réfléchir à la mise en place d’un autre paradigme.

Après sa naissance, quel sera le premier temps fort du Réseau ?

La rencontre organisée à Rome, en février 2015, devrait être une première occasion pour le Réseau d’approfondir ses liens avec, entre autres, le réseau mondial Caritas Internationalis, la Coopération internationale pour le développement et la solidarité (CIDSE) – elle regroupe des ONG catholiques de développement européennes et nord-américaines –, et le Conseil pontifical Justice et Paix.

À terme, l’enjeu est double : mieux articuler la politique de l’Église catholique en Amazonie en organisant, par exemple face à la déforestation, un soutien concerté à des programmes de développement. Préparer les actions de plaidoyer à conduire ensemble en vue de la Conférence de Paris sur le climat (la COP 21) prévue en décembre 2015, étape décisive dans la négociation de l’après-Kyoto.

Notes:

[1] Optimisation de la production par rapport à la surface cultivée. Ce qui requiert une utilisation accrue d’intrants agricoles.

Yves Casalis
Crédits photos: © Elodie Perriot/Secours Catholique
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