Bulgarie : Caritas face au phénomène nouveau des sans-abri

Publié le 11/10/2013
Bulgarie
 

Pour répondre à l’accroissement des sans-abri dans son pays, une délégation bulgare est venue en France en septembre dernier s’inspirer des actions du Secours Catholique-Caritas France.

Ruse est la 5e ville de Bulgarie. Située sur la rive droite du Danube, juste en face de la Roumanie, elle compte actuellement 200 sans-abri sur une population de 160 000 habitants. « Il n’y avait pas de sans-abri sous le régime communiste », explique Spasimir Dimitrov, directeur du département de la paix publique et de la sécurité de Ruse.

Les institutions et les associations caritatives, telles que Caritas Ruse, filiale de Caritas Bulgarie, ont dû comprendre cette situation nouvelle et y apporter une réponse satisfaisante. Caritas Bulgarie entretient depuis plusieurs années des liens étroits avec le Secours Catholique. Ce qui a permis d’avancer dans ce domaine.

Services

À Ruse, Caritas a inauguré en 2012 « Le Bon Samaritain », premier centre d’hébergement de la ville. Disposant de 60 lits dans 15 chambres, le centre accueille actuellement 45 hommes et 15 femmes et emploie 14 personnes dont 5 spécialistes. Mais tous les sans-abri ne sont pas dirigés vers cette structure.

« Lors de l’accueil des sans-abri, précise Tatiana Doncheva, directrice de l’agence régionale de l’assistance sociale de Ruse, nous évaluons leurs besoins, nous décidons quel service leur proposer. Les personnes sont enregistrées chez nous. Elles ne refusent pas d’être enregistrées mais certaines refusent l’aide qu’on leur propose. » Cette aide consiste à intégrer un foyer ou un centre d’hébergement. Ce peut être aussi l’hôpital pour les cas les plus graves. Mais le travail social vise la réinsertion et tous les cas sont examinés dans cette optique.

Réinsertion et gratuité

Stefan Markov, le directeur de Caritas Ruse, range les personnes qui vivent dans la rue en trois ou quatre catégories : « des personnes qui ont des problèmes psychologiques (retard mental, problème de développement) et qui ont fui leurs familles qui les malmenaient ; des marginaux victimes de dépression ou d’alcoolisme ; des sortants de prison ; enfin des personnes âgées, voire très âgées, qui n’ont pas su amorcer le virage de la transition politique du pays ».

Mariela Licheva, directrice de la santé et des activités sociales de la ville de Ruse, précise que les services apportés aux sans-abri sont gratuits, y compris l’accueil d’urgence, la résidence provisoire et la réinsertion. « C’est l’État qui finance en payant le personnel et la prise en charge », dit-elle.

Structures

Lors de leur visite en France en septembre dernier, les cinq membres de la délégation bulgare ont visité plusieurs structures à Bordeaux et rencontré salariés et bénévoles des Services intégrés d’accueil et d’orientation des personnes en difficulté (SIAO), d’un centre d’hébergement et de réinsertion sociale, du Samu social, de l’équipe mobile de psychiatrie et de précarité du centre hospitalier Charles-Perrens, d’un foyer d’accueil d’urgence pour les personnes sans abri ainsi que de la Halte de jour du Secours Catholique.

Ils ont pu s’entretenir également avec les élus locaux chargés des politiques sociales de la capitale régionale, ont visité la Halte 33 (espace d’accueil et de repos de nuit), ainsi que la Bagagerie (lieu où les personnes sans abri en cours d’insertion peuvent déposer leurs affaires à la journée, le temps d’accomplir les démarches administratives).

À Paris, ils ont rencontré les responsables du département « De la rue au logement » du Secours Catholique et visité quelques structures d’accueil de jour de la délégation parisienne de l’association ainsi que des lieux d’hébergement de l’Association des cités du Secours Catholique (ACSC).

Enrichissant

Le jeune directeur du centre d’hébergement de Ruse, Martin Nikolov, a apprécié ces rencontres. « C’est très enrichissant. Nous nous inspirons du travail français pour parfaire le nôtre. Je pense, par exemple, aux dispositifs d’accueil, à l’aménagement d’un cabinet médical ou encore aux types de serrures à installer dans les chambres. Cette visite n’est certainement pas la dernière, conclut M. Nikolov. Les échanges devraient se poursuivre. »

 

Jacques Duffaut
© Élodie Perriot/Secours Catholique
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