Calais : la colère de Véronique Fayet

Publié le 22/09/2015
Calais
Calais : la colère de Véronique Fayet
 

Suite au violent démantèlement lundi matin de campements où s’étaient installés des familles syriennes dans le centre-ville de Calais, et à la destruction au bulldozer d’une partie du bidonville qui abritait les derniers arrivants, la présidente du Secours Catholique dénonce l’inhumanité de cette manière d’agir et le double discours du gouvernement.

À peine 36 heures après la mobilisation citoyenne qui a rassemblée plus de 2 000 personnes à Calais pour demander plus de dignité dans le traitement des réfugiés, les autorités ont démantelé lundi matin quatre campements dans le centre-ville et une partie du bidonville.

« À la "Calaisienne", raconte Vincent de Coninck, chargé de mission Migrants au Secours Catholique à Calais. C’est à dire à grand renfort de Robocops, gaz lacrymogène, bulldozers et bennes à déchets prestement amenées par les services municipaux. »

Il poursuit : « Des femmes, des enfants et adultes gazés. Un semblant de dispositif pour faire croire que les quelques bénévoles peuvent tenter de récupérer les effets personnels. Des téléphones, des passeports, des duvets, des vêtements, des souvenirs emmenés avec eux dans leur exil... à la déchetterie. Des femmes en pleurs, des enfants et des ados traumatisés escortés par les CRS pour une heure trente de marche vers le bidonville : "go to jungle" "only place you can go". Puis les CRS ceinturent le bidonville et les bulldozers rasent toutes les tentes qui dépassent la limite du camp. »

« Une dame syrienne et ses trois enfants, avocate, relate Vincent de Coninck, me disait ce (lundi) soir, alors que j’ai eu la maladresse de lui dire que elle pouvait renoncer à la Grande Bretagne, que suite à l’humiliation de ce matin, quand bien même la France lui donnerait une maison et un statut elle ne vivrait jamais dans notre pays. »

La présidente du Secours Catholique, Véronique Fayet, exprime sa colère et son indignation. Elle dénonce l’inhumanité de cette manière d’agir, le double discours du gouvernement et le sentiment de trahison que ressentent les acteurs associatifs.

 
Calais : la colère de Véronique Fayet

La colère de la présidente du Secours Catholique

Benjamin Sèze
Crédits photos : ©Laurent Piton/Secours Catholique
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