Caritas mobilise les agriculteurs contre l’insécurité alimentaire

Publié le 10/04/2014
 

Face à l’insécurité alimentaire d’une partie grandissante de la population, Caritas Niger travaille, aux côtés de l’État,  à un ambitieux projet de mobilisation communautaire et agricole. Explication de son Secrétaire exécutif  national, Raymond Yoro.

La situation alimentaire est aujourd’hui inquiétante ?

Effectivement, le déficit céréalier atteint 343 566 tonnes et le déficit fourrager 6 708 832 tonnes. On compte dans le pays 232 zones dites vulnérables (aux prises à l’insécurité alimentaire) : 4 294 000 habitants y vivent dans 4 648 villages ou campements. Au-delà de ces zones, c’est 42,6 % de la population qui peut tomber dans l’insécurité alimentaire si elle n’est pas aidée !

À l’origine de ces graves difficultés, les fréquentes sécheresses, l’insuffisance et la mauvaise répartition des pluies (leur concentration soudaine provoque des inondations, à l’image de celles de 2013), et les attaques des criquets.

Quelles mesures sont prises par les autorités et par Caritas Niger ?

Le gouvernement a lancé en 2012 un plan intitulé “Les Nigériens nourrissent les Nigériens” dont l’ambition est de parvenir à l’autosuffisance alimentaire en privilégiant l’irrigation, l’élevage et l’agriculture. Caritas s’inscrit dans cette politique en construisant un projet agricole et de mobilisation communautaire. Du “cash for work” et du “food for work” vont pouvoir commencer : des milliers de personnes vont réaliser des travaux anti-érosion (diguettes, “demi-lunes” pour retenir l’eau…) contre de la nourriture ou de l’argent.

Quand cette politique ambitieuse pourra-t-elle porter ses fruits ?

Impossible de le dire ! Nous comptons sur la mise en place de techniques innovantes pour permettre à la population de s’en sortir, sans tendre la main. Tout en faisant des diguettes, des agriculteurs vont semer des céréales et planter des arbres.

Par ailleurs, Caritas participe à une campagne de sensibilisation, aux côtés d’ONG, pour convaincre des paysans encore réticents d’utiliser des “semences améliorées précoces” (leur introduction dans le pays est récente). Nous allons en distribuer aux agriculteurs pour qu’ils puissent produire au bout de 40 à 60 jours et non plus seulement, avec les semences traditionnelles, au bout de 120 jours.

Yves Casalis
Crédits photos: © Caritas Internationalis
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