Centrafrique : face à l’urgence humanitaire, les Caritas mobilisées

Publié le 06/02/2014
Centrafrique
 

Pour aider les déplacés centrafricains, dont la situation est jugée alarmante, le réseau des Caritas s’engage sur place afin de répondre aux besoins vitaux.

Assis sur des tapis, des couvertures ou à même la terre dans la cour d’une église de Bangui, les réfugiés attendent, de plus en plus résignés. Des femmes, adossées à un mur sous la statue d’un saint, serrent leurs nourrissons dans leurs bras tandis que pères, frères et époux, allongés, se reposent.

Non loin d’eux, des enfants d’une petite dizaine d’années, malgré les circonstances, sourient et jouent. À quelques mètres de là, des habitants, équipés de pelles et de masques, tentent tant bien que mal d’évacuer les monceaux de déchets laissés par les réfugiés.

« Les gens manquent de tout »

Grande précarité, promiscuité, malnutrition, recrudescence de maladies... Partout, la situation des Centrafricains ayant fui leurs habitations pour trouver refuge sur un "site de déplacés" est alarmante et les moyens des associations humanitaires insuffisants. « Les gens manquent de tout ! De médicaments, d’eau et de nourriture », s’exclame Mgr Dieudonné Nzapalainga, archevêque de Bangui et président de la Caritas nationale.

Le constat est le même pour les infrastructures, non adaptées à un tel afflux. Dans la zone de l’aéroport de la capitale, où se regroupent plus de 100 000 réfugiés dans des abris de fortune, seuls deux sanitaires étaient, à l’origine, disponibles.

« Des points d’eau et davantage de latrines ont été installés sur les sites mais le manque d’hygiène reste un sérieux problème et les risques d’épidémies très préoccupants », résume Pétula Malo, chargée de communication de la Caritas Centrafrique.

Distribuer des outils pour une relance agricole

Sur place, les différentes antennes de l’association doivent donc répondre à cette situation d’urgence et aux besoins premiers des réfugiés. La Caritas centrafricaine procède notamment, et ce depuis mars 2013, à des distributions de vivres (riz, sucre, sel, bouillie pour les plus jeunes...) et de médicaments. « Nous nous déplaçons sur les sites importants, comme celui de l’aéroport, mais aussi sur ceux de plus faible volume, où les autres associations ne vont pas », précise Mgr. Dieudonné.

Le Secours Catholique s’associe à la Caritas locale en soutenant des actions du projet d’urgence, ayant en outre permis des interventions en matière de relance agricole (distribution d’outils...) pour enrayer le cycle néfaste d’insécurité alimentaire menaçant le pays.

« Nous travaillons également avec la Caritas Bangui afin de réinstaller des équipements dans les centres de santé qui avaient été pillés, même si ce projet a été freiné par les événements de décembre », ajoute Quentin Peiffer, chargé du projet urgence Centrafrique au Secours Catholique.

Enfin, un travail commun est également mené avec Catholic Relief Services, la Caritas américaine, pour la distribution de biens non-alimentaires (bâches, articles ménagers, couvertures...) à Bossangoa, où près de 50 000 personnes se sont réfugiées sur le site de l’évêché et dans une école. Autant d’actions d’aide à la population que l’enclavement du pays, le mauvais état du réseau routier, l’insécurité sur les différents axes et la dispersion de nombreuses personnes dans la brousse complexifient grandement.

Julien Fournier
© Matthieu Alexandre/Caritas Internationalis
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