Conflit : escalade entre les deux Soudans

Publié le 19/04/2012
Soudan, Soudan du Sud
 

Le Conseil de sécurité de l’ONU et les Églises d’Afrique ont réagi simultanément le 17 avril à la dangereuse escalade de violences entre le nouvel État du Soudan du Sud et le Soudan. Au Kordofan, des civils sont pris pour cibles par Khartoum.

Le Conseil œcuménique des Églises (COE) et la Conférence des Églises de toute l’Afrique (CETA) appellent depuis le 17 avril le Soudan et le Soudan du Sud au « respect mutuel de l’intégrité territoriale » de chacun après l’occupation du champ pétrolier soudanais de Heglig par le Soudan du Sud et les raids aériens menés par le Soudan sur son voisin du Sud.

Pertes de vies humaines

Les deux organisations chrétiennes déplorent « les pertes de vies humaines qui découlent de l’escalade du conflit », appellent à un « cessez-le-feu immédiat » et au dialogue entre les deux parties pour « résoudre leurs différends ».

Les heurts dans la région ont éclaté en mars, sept mois après la partition du Soudan en deux États, Soudan et Soudan du Sud, résultat des accords de paix après vingt-deux ans de guerre civile entre le nord et le sud du Soudan.

Accords de paix incomplets

Ces accords ont laissé en suspens des questions cruciales comme le tracé de la nouvelle frontière ou le partage des ressources pétrolières, majoritairement situées au Soudan du Sud.

Villageois bombardés

Aux affrontements frontaliers se superpose le conflit oublié dans les monts Nouba, au Kordofan du Sud. La majorité de la population de cet État régional soudanais souhaite être rattachée au Soudan du Sud. Les bombardements aériens de Khartoum sur les villages de la région répondent à la rébellion armée du SPLM-N. « Les civils sont pris au piège », a témoigné le 17 avril Quentin Peiffer, chargé de programme au Secours Catholique, sur Radio Vatican et Radio Notre-Dame.

Les bombardements ont déjà provoqué plusieurs centaines de morts. Les blessés, souvent des enfants, aux bras parfois arrachés par les éclats de bombes, au visage défiguré, affluent vers l’hôpital appartenant au diocèse d’El Obeid. Le Secours Catholique et Trocaire (Caritas Irlande) contribuent à fournir cet hôpital en matériels vitaux – instruments, médicaments, lits… –, malgré la quasi-impossibilité d’accès à la zone pour les organisations humanitaires.

Des enfants meurent de faim

Des vivres sont par ailleurs apportés aux familles déplacées par le conflit. Quentin Peiffer précise que le prix du sorgho, denrée de base, a été multiplié par trois au Soudan entre septembre 2011 et janvier 2012. Il ajoute que les marchés ont énormément de difficultés à être approvisionnés. Des enfants meurent de faim dans la zone de conflit, comme le montre le reportage diffusé le 13 avril sur la chaîne britannique Channel 4 : Unreported World - Terror in Sudan.

Accès demandé pour les ONG

Trocaire et le Secours Catholique appellent les parties en présence à cesser immédiatement les bombardements et les opérations militaires et demandent l’accès des organisations internationales aux personnes qui ont besoin d’aide.

Le Conseil de sécurité de l’ONU a évoqué le 17 avril des sanctions contre le Soudan et le Soudan du Sud pour les convaincre de sortir de leur « logique de guerre ».

 

(Avec AFP)
© STR/EPA/MAXPPP
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