Contrôle des armes : l’adoption d’un traité échoue

Publié le 31/07/2012
Monde
 

Après des années de sensibilisation et des semaines d’ardues négociations, le traité sur le commerce des armes conventionnelles n’a pas été adopté. Jacqueline Hocquet et Didier Destremau du Secours Catholique étaient à New York pour suivre ce qui aurait pu être une grande avancée pour l’humanité et qui se solde par un échec.

Les 193 États membres de la communauté internationale devaient se mettre d’accord vendredi avant minuit, heure de New York, sur les règles du jeu de ce commerce spécial des armes conventionnelles. Ces règles auraient obligé les pays à évaluer le risque que ces armes puissent être utilisées pour commettre des attentats, servir au crime organisé ou violer les droits de l’homme.

"Alors que le nouveau libellé paraissait prometteur et capable de réunir un certain consensus, nous indique Didier Destremau, les États-Unis puis la Russie dans la foulée ont demandé davantage de temps pour se prononcer. Plusieurs autres pays (Chine, Inde, Indonésie et Égypte notamment) leur ont emboité le pas."

"Le texte que j’avais proposé était un projet de traité, certains pays ne l’aimaient pas mais l’immense majorité était d’accord" a regretté le président de la conférence, l’Argentin Roberto Garcia Moritan. "Nous allons continuer de travailler sur cette base."

Plusieurs États ont préféré ne pas aller trop vite

"Malgré l’échec des négociations, les débats ont fait avancer la question de la régulation du commerce des armes, estime Jacqueline Hocquet, responsable du plaidoyer international au Secours Catholique. Certaines négociations ont abouti à des compromis qui, je l’espère, seront gardés. Cela montre aussi l’importance du sujet et plusieurs États ont préféré ne pas aller trop vite, leurs capitales ont demandé du temps. Espérons que cela se traduira par de vraies avancées pour la suite."

Une faible consolation vient de l’annonce par M. Moritan de proposer de remettre le sujet à l’ordre du jour de la prochaine Assemblée générale des Nations unies en septembre prochain.

Pour le Secours Catholique, l’engagement continue. Au regard de l’actualité dans le monde, de la situation en Syrie, au Mali, en Colombie, au Soudan, en Corée du Nord et dans bien d’autres endroits du globe, l’enjeu reste le même : faire baisser le niveau de violence et protéger mieux les populations.

 

Jacques Duffaut (avec AFP)
crédit : MAXPPP
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