Des “Boîtes de la mémoire” pour lutter contre l’absence

Publié le 13/03/2014
Togo
un enfant tient une boite de mémoire
 

Dans le diocèse de Dapaong, dans le nord du Togo, la Caritas Togo accompagne des orphelins du sida pour les aider à grandir sans parents. Marianne Le Gall Diongue, du pôle Afrique du Secours Catholique, s'est rendue sur place.

Ce samedi, Marianne Le Gall Diongue se rend au centre Maguy, à Dapaong, où a démarré en 2013, sous l’égide de Caritas Togo, un projet inédit, permettant un soutien psychologique aux enfants orphelins du sida. Un groupe de 15 enfants orphelins (de 8 à 14 ans) – dont l’un ou l’autre parents sont morts du sida ou vulnérables à la maladie – ont en mains les “boîtes de la mémoire” qu’ils viennent de fabriquer. Leurs noms y sont inscrits. À l’intérieur, ils y ont rassemblé des souvenirs familiaux : lettres, bijoux, photos… Marianne observe les dessins qu’ils ont réalisés représentant les parents ou les frères et sœurs décédés.

Sous ses yeux, des orphelins (parfois séropositifs) s’effondrent. « Apprendre leur histoire ne va pas sans souffrance, explique sœur Marie Stella, la Togolaise responsable du projet et auteur de Vivre dans l’espérance (Éd. Bayard). « Certains découvrent que l’un de leurs parents a été infidèle à l’autre. Mais un passé, même dramatique, vaut mieux que le vide. Connaître leur histoire familiale peut aussi les aider à renouer avec certains parents qui ne sont pas morts mais qui, pour diverses raisons, ne les ont pas pris en charge dans leur enfance. »

L’appui d’un psychologue, souligne Marianne, libère chez certains de ces enfants renfermés, anxieux ou victimes de troubles du sommeil, une meilleure image d’eux-mêmes. Ils améliorent leurs résultats scolaires et reprennent leurs traitements anti-VIH, abandonnés lorsque la dépression les submergeait.

Yves Casalis
Crédits photos: ©Patrick Delapierre/Secours Catholique
Écolière Haïtienne souriante dans sa classe
Plus d'informations
Solidarité internationale et développement
# sur le même thème