Développement : les candidats à l’élection présidentielle s’engagent à petits pas

Publié le 26/03/2012
France
 

Les candidats à la présidence de la République ont répondu aux questions sur l’aide au développement de Coordination Sud, réunion de 130 ONG de solidarité internationale dont fait partie le Secours Catholique.

Sur l’aide publique au développement (APD) proprement dite, Éva Joly, candidate d’Europe écologie-Les Verts (EELV), s’engage à revenir dès 2013 au niveau d’APD de 2007, soit 0,5 % du revenu national brut (sachant que l’aide a baissé au-dessous de ce niveau en 2008, 2009 et 2011 ; elle l’a atteint en 2010). François Hollande pour le Parti socialiste veut également revenir au niveau de 2007 concernant les « dons bilatéraux ». Cela en privilégiant les « quatorze pays dits prioritaires de la coopération française ».

Annulations de dettes sorties de l’aide au développement

Jean-Luc Mélenchon, candidat du Front de gauche, veut remonter l’APD au niveau de 0,7 % auquel la France s’est engagée. Il y met plusieurs conditions : pas d’intermédiaires financiers, non-comptabilisation dans l’aide de l’annulation de la dette des pays du Sud, « contrôle démocratique du Parlement français » et droit de regard des parlements destinataires de l’aide.

Dons remis à niveau

Nicolas Sarkozy, candidat de l’UMP, souhaite remonter l’APD de 0,5 % en 2010 (déficit oblige) à 0,7 % « au plus près possible de 2015 ». Il s’engage, à partir de 2013, à affecter à l’APD une part des recettes de la taxe sur les transactions financières nouvellement instaurée par la France. François Bayrou pour le Modem reste vague : « La remise à niveau des dons […], qui ont considérablement diminué depuis 2007, est une priorité pour moi ». Il voudrait atteindre « l’objectif » de 0,7 % « à moyen terme ».

Une part de taxe sur les transactions pour le développement

Concernant précisément la taxe sur les transactions financières (TTF), tous les candidats s’accordent sur la nécessité d’une taxe européenne. En attendant, François Bayrou approuve la taxe française. Comme Nicolas Sarkozy, il veut réserver à l’aide au développement une part du milliard qu’elle devrait rapporter. François Hollande voit, au niveau européen, une taxe plus large, « portant sur l’ensemble des transactions financières », en précisant le taux de 0,05 %. Éva Joly est sur une ligne voisine. Nicolas Sarkozy vise lui aussi une taxe européenne. D’après le projet de directive européenne en cours, celle-ci rapporterait 55 milliards d’euros par an.

Le « capital international » visé

M. Sarkozy veut surmonter les divergences au sein du Conseil européen par une « coopération renforcée » avec huit pays, dont l’Allemagne. En attendant, la taxe française entre en vigueur le 1er août 2012, assure le président en exercice. Jean-Luc Mélenchon en appelle, de plus, à « d’autres types de taxation du capital international » – bénéfices des multinationales, investissements directs à l’étranger…

Le rôle des ONG reconnu

Sur la part d’aide publique au développement transitant par les ONG (autre proposition de Coordination Sud), Nicolas Sarkozy s’engage à la doubler. Il s’agit de financer les opérations « conduites par nos ONG » dans les pays bénéficiaires de l’aide. François Hollande double aussi, en cinq ans, la part des ONG. Cela pour « soutenir ces acteurs innovants, réactifs et efficaces, en particulier [là] où les bailleurs publics connaissent davantage de difficultés ». Le candidat PS veut étendre cette politique à l’Europe. François Bayrou, en retrait, n’opte que pour « l’adoption d’un cadre formalisé avec les ONG ». Éva Joly s’engage à « rattraper la moyenne des pays européens », soit 5 % de l’APD transitant par les ONG d’ici à 2017 et 2 % dès 2013. Jean-Luc Mélenchon veut « au minimum » tripler en deux ans, de 1 % actuellement à 3 %, la part d’aide au développement confiée aux ONG.

Coordination Sud se félicite d’avoir obtenu des réponses écrites des candidats, témoignant de l’intérêt qu’ils portent au développement, malgré un certain flou sur leurs engagements. « Avec ces documents, nous pourrons en tout cas demander des comptes au prochain président sur la réalisation de ses projets », assure une porte-parole.

crédit : Secours Catholique
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