Droits de l’Homme : le Festival du film bat son plein

Publié le 10/03/2012
France
 

Le Festival international du film des droits de l’Homme de Paris propose jusqu’au 13 mars une sélection de reportages sur la solidarité internationale, le développement durable et les droits humains. Le Secours Catholique est le principal partenaire du festival.

Le film documentaire est certainement le médium le plus approprié pour approfondir des sujets que les journaux traitent de manière lapidaire. Il prend son temps pour illustrer, interroger, décrypter, approfondir les sujets complexes. Mais si le sujet sert une noble cause, il ne doit pas être traité au détriment de la qualité cinématographique.

28 documentaires

Les 28 documentaires sélectionnés pour cette dixième édition du Festival international du film des droits de l’Homme de Paris présentent ces deux aspects : artistique et militant. Militant, car les réalisateurs qui défendent les droits de l’Homme s’engagent et plaident la cause des migrants (Vol Spécial, 9 ter, Les éclaireurs), des prisonniers (Sous surveillance), de l’environnement (N’oublions pas Tchernobyl ?, le paradoxe de l’abondance), dénoncent la corruption (Transparence et responsabilité, « Et pourtant, je reste optimiste »), etc. (voir programme).

La plupart des projections sont suivies d’un débat auquel participent le réalisateur du documentaire et des spécialistes du thème abordé dans le film. La salle est ainsi invitée à réagir, à échanger et à découvrir les conditions du tournage.

Vol Spécial

Lors de la projection de Vol Spécial , le film d’ouverture, le public a appris de la bouche de Fernand Melgar, son réalisateur, que le Centre de rétention administrative de Frambois, en Suisse, était le seul en Europe (sur plus de 300) à avoir autorisé une équipe à filmer de l’intérieur. Le travail de l’équipe a duré plusieurs mois (six mois de préparation et deux mois de tournage) auprès d’étrangers qui attendent plusieurs mois, jusqu’à deux ans, une expulsion quasi certaine. Quelques étrangers vivaient et travaillaient sur le territoire depuis 20 ans et ne connaissent plus personne dans leur pays d’origine. D’autres craignent pour leur vie s’ils rentrent où ils sont nés. Ils laissent derrière eux leurs femmes et leurs enfants.

Sans voix off, avec le parti pris de ne laisser la parole qu’aux « acteurs » (geôliers, policiers et étrangers), les explications du réalisateur après le film ont donné un autre relief à l’œuvre. Sous l’apparente asepsie des lieux de rétention et des rapports entre étranger et fonctionnaire suisse sourd une violence kafkaïenne.

Lors de la conversation engagée après le film, Fernand Melgar, migrant naturalisé suisse, a regretté que ses concitoyens votent des lois iniques dont ils ignorent comment elles sont appliquées. Il a déploré une dérive ou un retour vers une époque sombre de notre histoire.

Les éclaireurs

L’écriture du film de Simone Fluhr et Daniel Coche, Les éclaireurs, est diamétralement opposée. Les demandeurs d’asile de Strasbourg parlent peu. Leur parole doit être traduite et ce sont essentiellement les bénévoles, les salariés de l’association Casas et la voix de la réalisatrice qui portent leur parole. Mais la caméra a su pudiquement lire le désarroi sur le visage et dans les gestes des familles migrantes obligées de dormir dans la rue, incapables de croire que la France, pays des droits de l’Homme, ne veuille pas les protéger des guerres qu’ils ont fuies.

La cérémonie de clôture du festival aura lieu le mardi 13 mars à 20h 30.

 

Jacques Duffaut
crédit : Fernand Melgar/Vol Spécial
Homme levant les bras
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