Élections au Sénégal : l’Église appelle au calme

Publié le 20/02/2012
Sénégal
 

Des violences éclatent entre opposants au pouvoir et forces de l’ordre au Sénégal à moins d’une semaine de l’élection présidentielle, le 26 février. L’Église, qui déploie 850 observateurs du scrutin sur le territoire national, avec le soutien du Secours Catholique, appelle au calme.

La tension est très vive au Sénégal à seulement six jours de l’élection présidentielle de dimanche. Depuis près d’une semaine des violences ont lieu dans le centre de Dakar entre les forces de l’ordre et des opposants, essentiellement des jeunes, qui tentent de participer à des manifestations interdites. Six personnes ont été tuées et de nombreux manifestants et civils ont été blessés. Ces violences interviennent à la suite de la validation, le 27 janvier, de la candidature du président sortant, Abdoulaye Wade, par le Conseil constitutionnel. Élu en 2000, réélu en 2007 pour cinq ans après une réforme constitutionnelle en 2001 instituant le quinquennat renouvelable une fois, M. Wade se représente pour sept ans après le rétablissement du septennat en 2008, à la suite d’une nouvelle réforme constitutionnelle. L’opposition, réunie entre autre sous le Mouvement du 23 juin, M23, dénonce ce « coup d’État constitutionnel », arguant qu’il a épuisé ses deux mandats légaux.

Un scénario à l’ivoirienne ?

Le M23 a, par ailleurs, évoqué, le 7 février, la création d’un « Conseil national de transition » au cas où le chef d’État persisterait à se présenter. « Si Abdoulaye Wade persiste, nous n’allons pas le reconnaître, ni reconnaître son gouvernement, et nous allons organiser une campagne pour la reconnaissance d’un Conseil national de transition que nous allons, nous autres, créer », a déclaré Cheikh Tidiane Gadio, ex-ministre des Affaires étrangères de Wade, qui a rejoint l’opposition et se porte candidat contre le président sortant. Les experts ne croient pas que le Sénégal connaîtra un scénario à l’ivoirienne, mais estiment que la situation peut mener à de graves dérapages.

L’Église veut mettre en place des initiatives de paix

L’abbé Alphonse Seck, vicaire général du diocèse de Dakar et secrétaire exécutif de la Commission Justice et Paix (CJP), a appelé les hommes politiques sénégalais à « éviter le chaos que tout le monde ne souhaite pas. » Par ailleurs, il a fait savoir que l’Église sénégalaise était en train de mettre en place « des initiatives afin de ramener le calme. » L’Église pourrait, par exemple, amener les deux parties, opposition et pouvoir, à dialoguer. Par ailleurs, l’Église sénégalaise déploie 850 observateurs sur le territoire national pour l’élection présidentielle. Le Secours Catholique soutient financièrement ce projet d’observation. Formés au processus électoral par la CJP, les observateurs auront pour rôle de « vérifier qu’il n’y ait pas de fraudes et qu’il y ait une véritable transparence », précise l’abbé Alphonse Seck. Ils n’interviendront que lors des jours de scrutins, l’observation de la campagne électorale étant assurée, entre autre, par la centaine d’observateurs de l’Union européenne déployés sur le terrain depuis le 26 janvier.

« Je suis intimement persuadé que la gouvernance ne sera plus jamais la même au Sénégal après cette élection. Le peuple sera plus vigilant et demandera des comptes aux dirigeants, explique l’abbé Alphonse Seck. Cette élection, au-delà des violences, symbolise l’expression de la citoyenneté, du renouvellement. »

 

(avec AFP)
© Aliou Mbaye/Panapress/Maxppp
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