Élections municipales : tous mobilisés !

Publié le 25/02/2014
France
 

Le Secours Catholique encourage depuis plusieurs années la rencontre de personnes en situation de précarité et de candidats aux élections. Les municipales donnent l’occasion de rappeler les raisons de cet engagement citoyen.

Est-ce vraiment le rôle d’une association caritative de se mêler de politique ? Thierry Guérin, chargé des démarches collectives et participatives au pôle Mobilisation citoyenne du Secours Catholique, en est convaincu car « les personnes qui vivent en situation de précarité développent des savoir-faire et des stratégies pour assurer leur survie. Qui mieux qu’elles peuvent parler de ce qu’elles vivent et des solutions qu’elles aimeraient voir appliquer à leurs difficultés ? »

Bien souvent les élus, et principalement les édiles, ont besoin d’entendre les citoyens en difficulté avant de prendre des décisions. Lors d’une rencontre à Lourdes organisée par le Secours Catholique en septembre dernier entre élus locaux et personnes en situation de précarité, le maire de la cité mariale, Jean-Pierre Artiganave, confiait : « Pour faire bouger les choses, il faut entendre tous ceux qui ont des difficultés. »

Les réalités des petites communes sont parfois différentes de celles des grandes agglomérations. Ange Mur, maire de Jarret, une commune de 350 âmes, constate combien, dans les villages comme le sien, les administrés, par dignité, cachent leur pauvreté. Dès lors, il est difficile de les aider.

Donner confiance en soi

Dans les grandes villes, la municipalité invite souvent les contribuables à venir s’exprimer dans des débats, mais comme le fait remarquer Véronique Fayet, adjointe au maire de Bordeaux en charge des politiques de solidarité et vice-présidente de l’Union nationale des centres communaux d’action sociale (Unccas), « les populations défavorisées n’ont pas toujours les codes pour exprimer leurs difficultés. Il existe un véritable déficit démocratique ».

La démarche du Secours Catholique n’est pas tant de donner des codes aux personnes qu’il accompagne, que de libérer leur parole, souvent bloquée par un déficit de confiance en soi. Puis de la faire mûrir dans des groupes de réflexion pour la porter aux plus hauts niveaux. Débats, rencontres, invitations à des forums sont autant d’occasions de prendre la parole et de dire simplement ce que vivent et espèrent ceux qui souffrent.

Des instances pour entendre l’avis des précaires

À l’instar d’un groupe du Quercy, qui a mis en recueil le témoignage d’une centaine de femmes [1] subissant la précarité. L’une d’entre elles, Bernadette, relatait récemment combien cette expérience a été positive : « Depuis que je suis engagée, je ne suis plus la même personne. Je peux aujourd’hui m’exprimer. Je me suis libérée. »

De fait, de plus en plus d’instances prennent en compte les avis des usagers. C’est le cas des conseils généraux où des équipes pluridisciplinaires réunissent des allocataires RSA pour connaître leurs difficultés et entendre leurs suggestions d’amélioration des dispositifs. Quant au Conseil national des politiques de lutte contre la pauvreté et l’exclusion (CNLE), il est prévu depuis peu qu’un de ses collèges composé de personnes en situation de précarité soit chargé de donner son avis au gouvernement sur tous les sujets pour lesquels l’instance de consultation a été créée.

Notes:

 

[1] À lire : Murmures de femmes, ouvrage collectif, à demander à la délégation du Secours Catholique du Quercy

Jacques Duffaut
© Lionel Charrier/Secours Catholique
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