Eveil à la solidarité internationale : une campagne faite de rencontres

Publié le 11/05/2014
 

Chaque mois de mai, le Secours Catholique lance une campagne d’action internationale qui suscite rencontres et débats dans ses délégations régionales. Exceptionnellement, cette année, l’association a décidé de fusionner cette campagne avec celle du droit à l’alimentation mise en œuvre le 10 décembre par le réseau Caritas.

Chaque délégation du Secours Catholique accueillera des membres de Caritas venus du pays avec lequel elle a noué un partenariat, pour réfléchir ensemble sur l’accès à l’alimentation.

Des similitudes entre les problématiques à l’étranger et en France

« Le but de ces partenariats est d’éveiller à la solidarité internationale, explique Jacqueline Hocquet, responsable du département Plaidoyer international. Depuis ses origines, le Secours Catholique s’occupe de projets de dimension nationale et internationale. On ne peut pas répondre à des besoins créés par la pauvreté à un endroit donné et ignorer ce qui se passe un peu plus loin. Ces rencontres permettent d’incarner celui qui est loin. »

« Il y a parfois des similitudes, ajoute Jean-Claude Rouanet, chargé d’animation à la solidarité internationale pour l’Hérault. Dans notre département, des maraîchers ont du mal à survivre. Beaucoup d’agriculteurs ne pourront pas passer le relais à leurs enfants. Nous en discuterons avec nos partenaires du Burkina Faso. »

Le Languedoc-Roussillon a en effet noué l’année dernière un partenariat avec le diocèse de Kaya, au Burkina Faso. La question de l’accès à l’eau dans cette région semi-aride mobilise la Caritas locale. Mais les débats de mai prochain porteront spécifiquement sur les difficultés d’alimentation que rencontre la ville de Kaya.

Les paysans, ceux qui souffrent le plus de la faim dans le monde

Le partenariat de la Lorraine avec le Bangladesh remonte pour sa part à cinq ans. Chaque année, un chargé de projet de la Caritas Bangladesh y présente son action. La délégation exposera le programme de développement destiné à la minorité rakhaine du pays, dont l’un des volets est consacré à l’accès à l’alimentation.

Jean-Paul Boulier, animateur à Verdun et chargé du partenariat avec le Bangladesh, n’a toutefois pas attendu cette rencontre pour sensibiliser ses troupes à la question de l’alimentation. « Les personnes qui assistent à nos réunions sont souvent surprises d’apprendre que ce sont les paysans qui souffrent le plus de la faim dans le monde. »

Il n’oublie pas non plus de parler de son pays lors de ces rencontres. « Lorsque j’évoque la France, je parle du choix plutôt que du droit à l’alimentation. Nous responsabilisons les personnes qui reçoivent de l’aide alimentaire. Nous les incitons à acheter des pommes de terre plutôt que des chips ou de la purée en poudre. »

Jean-Paul Boulier ne voit en tout cas que des bénéfices à ces partenariats internationaux. « Un partenariat sur la durée provoque quelque chose chez les bénévoles. En Lorraine, dès que l’on parle du Bangladesh à la télé, ils sont à l’écoute immédiatement. Ils ont par exemple discuté du boycott des marques qui exploitent des Bengalis dans certaines usines textiles bengladaises. Cela déclenche des prises de conscience. »

Pierre Wolf-Mandroux



© Lionel Charrier-Myop/Secours Catholique
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