F. Soulage : « Pour une meilleure prise en charge de l’exclusion »

Publié le 06/12/2012
France
 

La Croix : Ces derniers mois, et notamment pendant la campagne présidentielle, le Secours catholique a lancé des interpellations contre les paradis fiscaux, le surendettement des ménages pauvres, la situation du mal-logement en France.Votre organisation renoue-t-elle avec le politique ? 

Pour lutter contre les causes de la pauvreté, il faut être critique vis-à-vis du système dans lequel nous évoluons. Cette prise de conscience s’est affirmée ces dernières années. C’est pourquoi nous avons des contacts de plus en plus fréquents avec les autorités publiques, que ce soit dans un travail de discussion ou de contestation.

Ce lien se développe aussi bien avec l’État, les départements ou les communes. Nous avons aussi à cœur de faire bouger les choses de l’intérieur pour une meilleure prise en charge de l’exclusion. Aujourd’hui, près de 2000 de nos bénévoles sont membres des conseils d’administration des centres communaux d’action sociale, et ce chiffre s’améliore à chaque élection municipale.

Vous participerez à la conférence nationale de lutte contre l’exclusion qui, en décembre, doit aboutir à un plan quinquennal de réduction de la pauvreté. Quelles sont pour vous les conditions de réussite de ce rendez-vous ? 

Il y a déjà un socle de propositions partagées par les organisations de solidarité. Concernant le logement, nous attendons des engagements budgétaires sur la construction de HLM « très sociaux » réservés aux plus démunis. Sur les minima sociaux, nous souhaitons au moins que le revenu de solidarité active (RSA) soit revalorisé de 25 % sur cinq ans.

Dans le domaine de la santé, nous demandons une fusion entre la couverture maladie universelle (CMU) et l’aide médicale d’État (AME), toutes deux réservées à des publics très précaires, et que leur gratuité soit garantie. Nous voulons par ailleurs que l’« aide à la mutualisation », réservée aux personnes modestes qui ne peuvent pas se payer une complémentaire santé, soit renforcée.

D’autres questions sont moins tranchées pour nous, mais elles n’en feront pas moins débat. Nous voulons arriver à un consensus sur l’accompagnement des demandeurs d’emploi, qui fait défaut en France. Concernant les jeunes, nous militons pour que les missions locales voient leurs responsabilités renforcées. Il serait alors possible d’y traiter à la fois des questions de formation, d’emploi ou de santé afin de pouvoir y bâtir de vrais parcours. En outre, de nombreuses entreprises et chantiers d’insertion se trouvent aujourd’hui en danger, faute de subventions. Il faut les remettre à flot.

Propos recueillis par Jean-Baptiste François

Retrouvez l’interview complète de François Soulage dans La Croix.

Crédit : Élodie Perriot/Secours Catholique
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