Gabon : le militant Marc Ona condamné

Publié le 02/04/2013
Gabon
Gabon : le militant Marc Ona condamné
 

Plusieurs ONG, dont le Secours Catholique, expriment leur vive préoccupation à la suite de la lourde condamnation prononcée contre Marc Ona, figure centrale de la société civile gabonaise.

Six mois de prison avec sursis et une amende de cinq millions de francs CFA (environ 7 600 euros). Voilà la peine dont a écopé Marc Ona vendredi 29 mars pour diffamation contre le chef de cabinet du président gabonais.

Le fait que cette figure de la société civile gabonaise dénonce inlassablement la corruption du régime n’est sans doute pas étranger à cette lourde condamnation. Marc Ona est notamment le coordinateur gabonais de « Publiez ce que vous payez » (PCQVP) : la plateforme, dont fait partie le Secours Catholique, milite contre le détournement des bénéfices issus de l’exploitation des ressources naturelles.

« Ce verdict témoigne du climat difficile au Gabon, où l’on constate une régression depuis plusieurs années sur la question de la transparence des industries extractives », indique Grégoire Niaudet, chargé de plaidoyer au Secours Catholique et coordinateur de PCQVP en France.

Le Gabon vient en effet d’être exclu de l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives (ITIE), à laquelle il avait adhéré en 2004 sous l’impulsion du précédent chef de l’État, Omar Bongo, décédé en 2010.

« Le Gabon est en train de freiner des quatre fers pour la mise en place de la transparence, alors qu’il avait, il y a quelques années, comme challenge d’être le premier pays conforme à la norme, indiquait Marc Ona en novembre dernier à Paris, à l’occasion du dixième anniversaire de PCQVP. L’arrivée au pouvoir d’Ali Bongo est en train de bloquer le processus. Ce dernier cherche à concentrer tous les pouvoirs autour du pétrole pour avoir une sphère d’influence. »

Cette régression sur la question de la transparence des revenus extractifs intervient alors que le pouvoir gabonais traverse une crise de légitimité : en 2009, Ali Bongo a succédé à son père lors d’une élection présidentielle controversée.

Le Gabon est également dans la ligne de mire de la justice française, qui enquête sur les « biens mal acquis » du clan Bongo.

Marina Bellot
© Élodie Perriot / SC
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