Génocide rwandais : Ibakwe façonne un nouveau comportement

Publié le 05/05/2013
Rwanda
 

D’avril à juillet 1994 plus de 800 000 Tutsis et Hutus modérés ont été massacrés au Rwanda. Caritas appuie l’association Ibakwe qui aide, depuis 2012 et jusqu’en 2014, 570 victimes du génocide à agir autour d’elles pour favoriser un meilleur « vivre ensemble ».

Dix-neuf ans après le génocide, les plaies sont toujours à vif entre Hutus (84 % de la population) et Tutsis (15 %). Dans les villages, la peur, la méfiance, l’insécurité ambiante, rendent extrêmement délicates les relations entre les habitants alors que dans certains cas les bourreaux n’ont toujours pas été jugés… La reconstruction de la société, qui devra passer par la réconciliation, avance encore trop lentement.

Franchir l’épais mur ethnique

Dès lors, comment parvenir malgré tout à franchir – centimètre par centimètre – cet épais mur ethnique, à dépasser les traumatismes subis et à se mobiliser en faveur d’un meilleur « vivre ensemble » ? C’est l’immense défi que veut relever, à sa mesure, l’association rwandaise Ibakwe (expérimentée dans ce domaine), avec l’appui de l’Église catholique nationale et du Secours Catholique-Caritas France.

Gestion du stress, ouverture à l’autre

Dans un premier temps, l’association pousse 570 victimes du génocide – écoliers, enseignants, agents de santé, étudiants… – à favoriser une bonne entente sociale et familiale. Durant des stages de formation de deux ou trois jours, organisés dans sept diocèses, les religieuses de l’association et trois Pères Blancs tentent de développer chez chaque participant un nouveau comportement : confiance en soi, gestion du stress post-traumatique, ouverture à l’autre et respect à son égard, aptitude à réagir pacifiquement face à des menaces, capacité d’initiative personnelle, transmission à son entourage du contenu de la formation…

5 400 Rwandais pourraient être touchés

De retour sur leur lieu de vie, ces pionniers de la paix, soutenus dans la durée par Ibakwe, passent à l’action. « Des enfants formés deviennent des référents dans leurs écoles : ils se soucient de sensibiliser leurs camarades, témoigne Caritas. Des couples échangent davantage avec les familles et avec les veufs ou les veuves. Le personnel de santé, lui, maîtrise mieux l’accompagnement psychologique des patients rencontrés. » De la sorte, près de 5 400 Rwandais pourraient être touchés par l’effet démultiplicateur du projet.

Le montant total du projet s’élève 460 284 euros. En 2013, le Secours Catholique-Caritas France participe à hauteur de 65 000 euros à l’effort de Caritas Rwanda.

 

Yves Casalis
© Élodie Perriot/Secours Catholique
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