Grand froid : l’urgence pour les sans-abri dure toute l’année

Publié le 01/02/2012
France
 

Avec les températures qui chutent autour de – 10 degrés la nuit, plusieurs préfectures ont déclenché le plan « grand froid » pour les personnes sans abri. Le Secours Catholique conteste la saisonnalité des efforts du gouvernement, car les personnes à la rue doivent attirer l’attention toute l’année, et pas seulement en hiver.

Les préfets de plusieurs départements activent le plan « grand froid » alors que les températures descendent la nuit largement au-dessous de zéro et restent négatives le jour. Des centres d’hébergement d’urgence sont ouverts, dans des gymnases pour la plupart. Les « maraudes » du Samu social et de la police se sont renforcées. Une vigilance particulière est accordée aux personnes âgées ou isolées répertoriées par les mairies.

Gymnase réquisitionné à Lyon

Le Pas-de-Calais, la Marne, le Var, l’Hérault, le Rhône ont déclenché leur plan grand froid. Les températures ont fortement chuté à la fin de janvier. À Lyon, un gymnase de 120 places a été réquisitionné le 31 janvier par le préfet. Les températures vont continuer de baisser, selon les prévisions de Météo France. On attend jusqu’à – 13 degrés à Lyon à partir du 1er février et autour de – 10 dans le nord de la France.

Accueil de nuit seulement

À Paris, la ville a ouvert depuis le 31 janvier, 45 nouvelles places dans deux mairies, en plus des 560 déjà proposées dans six gymnases. Ces hébergements ne sont ouverts que pour la nuit. À 8 h 45, les centres ferment pour la journée. Les personnes sans domicile de Paris se rabattent alors sur des accueils de jour, dont celui du grand centre d’hébergement de La Mie de Pain, où 300 personnes s’abritaient mardi 31 à 10 h.

Dimanche au Secours Catholique

À Poitiers, l’accueil de jour du Secours Catholique joue le même rôle le week-end entre 9 h et 18 h, au terme d’un accord entre la délégation du Secours Catholique et la préfecture.

L’accueil a déjà ouvert dimanche 15 janvier avec la participation de la déléguée Sophie Ferrand et de plusieurs bénévoles. Un déjeuner a été servi aux personnes accueillies. La délégation prévoit aussi la possibilité d’un temps de repos l’après-midi dans ses bureaux, pour les personnes éprouvées par leur nuit au gymnase.

Plus de morts en été qu’en hiver selon un médecin

De nombreuses autres délégations du Secours Catholique accueillent les personnes sans domicile dans les régions, notamment en hiver mais pas seulement, de jour comme de nuit. « Les morts par hypothermie sont rares, le froid tue moins qu’on le dit, constate le docteur Patrick Henry, un spécialiste de l’errance. Il y a plus de SDF qui meurent en été qu’en hiver », ajoute-t-il, rejoignant les observations des associations humanitaires.

Non au « cas de conscience saisonnier »

Le président du Secours Catholique, François Soulage, conteste d’ailleurs le principe des plans hivernaux du gouvernement. « Ajuster le nombre de places d’hébergement aux bulletins météo », ce n’est pas traiter avec dignité les personnes à la rue, affirme-t-il. « Pour le Secours Catholique, ce droit fondamental [au logement] mérite une politique plus ambitieuse qu’un simple cas de conscience saisonnier », insiste-t-il. Il demande donc « la création immédiate de places d’hébergement pérennes, dignes et la construction de logements accessibles aux revenus des plus modestes ».

 

(Avec AFP)
© Vincent Isore/IP3 Press/Maxppp
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