Hébergement : les associations appellent à un plan d’urgence efficace et immédiat

Publié le 19/09/2012
France
 

Le Collectif des associations unies pour une nouvelle politique du logement, dont le Secours Catholique est membre, renouvelle son alerte aux pouvoirs publics sur les urgences immédiates à prendre en compte en terme d’hébergement.

La ministre du Logement, Cécile Duflot, a annoncé le 18 septembre sur France Inter qu’un plan d’hébergement d’urgence sera arrêté dans les jours prochains. Le Collectif des associations unies pour une nouvelle politique du logement en profite pour renouveler son appel d’urgence sur la situation catastrophique de l’hébergement.

« Le baromètre du 115 indiquait récemment que 70 % des demandes d’hébergement n’étaient pas satisfaites, a rappelé Éric Pliez, directeur général d’Aurore et trésorier de la Fédération nationale des associations d’accueil et de réinsertion sociale (Fnars), lors d’une conférence de presse du collectif, le 19 septembre à Paris. Les Services intégrés de l’accueil et de l’orientation (SIAO) n’ont pas les outils nécessaires pour répondre aux demandes des personnes à la rue. Cela engendre des tensions pour les salariés de l’urgence sociale mais aussi pour les demandeurs et mène à une rupture de l’inconditionnalité de l’accueil. » Et de citer en exemple les 80 refus par jour du 115 de Toulouse, dont une quinzaine concernent des familles, la fermeture quasi totale du dispositif hivernal dans le Val-d’Oise, l’augmentation de 14 % des demandes en Dordogne, dont 60 % ne trouvent pas de réponses, et surtout le droit de retrait exercé pas des travailleurs de l’urgence sociale dans la Somme pour protester contre un possible dépôt de bilan de leur association.

Nathalie Rouxel, travailleuse sociale au Secours Catholique et ancienne salariée d’un SIAO, témoigne de ces difficultés. « Aujourd’hui, sur 70 appels reçus, nous allons pouvoir répondre positivement à seulement cinq d’entre eux. Les travailleurs sociaux sont obligés de mettre en place des critères abusifs pour répondre aux demandes d’hébergement. Il va parfois s’agir de choisir de mettre à l’abri une famille avec un bébé de 4 mois plutôt qu’une autre avec un bébé de 6 mois », déplore-t-elle.

Une réponse immédiate par territoire

Le Collectif réclame donc un plan d’urgence « territorialisé ». « Une cellule d’urgence doit être créée pour proposer des réponses immédiates, affirme Christophe Robert, délégué général adjoint de la Fondation Abbé Pierre. Cette cellule doit être "territorialisée" et doit faire une évaluation rapide et collective (115, SIAO, équipes mobiles, associations, etc.) de l’ensemble des besoins sur son territoire. Il faut pouvoir mettre en œuvre dans quelques semaines des réponses dignes, avec, par exemple, la pérennisation ou la création de places d’hébergement, la recherche de solutions alternatives immédiates et le renforcement des équipes fragilisées. Par ailleurs, ce plan d’urgence devra poser la question des migrants, des demandeurs d’asile sans solution d’hébergement. Il faut absolument redonner des perspectives aux personnes en situation d’exclusion ! »

Pour une loi sur le logement social ambitieuse

Par ailleurs, le Collectif salue le vote du Sénat, du 12 septembre dernier, en faveur du relèvement de 20 à 25 % du taux obligatoire de logements sociaux dans les communes (loi relative à la solidarité et au renouvellement urbains, SRU), dans le cadre du projet de loi sur le logement social.

« Ces mesures vont dans le bon sens, commente Christophe Robert. Toutefois, le quintuplement de la pénalité pour les communes qui ne respectent pas cette loi n’est pas systématique et dépend du bon vouloir des préfets. Nous plaidons donc pour une systématisation de ce quintuplement. Par ailleurs, il faut établir des plafonds par type de logements sociaux, de manière à ce qu’une commune ne construise pas exclusivement du logement social intermédiaire (PLS), inaccessible aux plus pauvres, sous couvert de faire du logement social. La priorité doit être donnée aux logements très sociaux. »

L’Assemblée nationale doit examiner le projet de loi sur le logement social, dont la loi SRU, à partir du 24 septembre. Son adoption définitive par le Parlement est prévue pour le début d’octobre.

 

Clémence Richard
© Xavier Schwebel/Secours Catholique
Logement
Plus d'informations
Sans-abri et mal logés
# sur le même thème