Jeunes et engagés

Publié le 12/08/2016
France
Jeunes et engagés
 

À la fin du mois d'août s'est tenue l'université d'été  Young Caritas du Secours Catholique qui a rassemblé 500 jeunes âgés de 18 à 35 ans à Saint-Malo. Chaque année, ils sont 10 000 à s'engager avec l'association, dont 2 000 de façon régulière. Qu’est-ce qui les motive ? Principalement, l’envie d’agir concrètement et d’élargir leurs horizons.

C’est « un peu par hasard » que Diane, enseignante de 26 ans, a rejoint le groupe des Young Caritas d’Épinal, dans les Vosges. « L’été dernier, une amie m’a demandé si je pouvais donner un coup de main au projet théâtre qu’elle y menait avec un centre social, raconte-t-elle. Je me suis retrouvée responsable des décors ! »

Depuis ce premier pas spontané, le professeur s’investit au gré de ses disponibilités. « J’avais un a priori en raison de mon éducation non religieuse, précise-t-elle, mais je me suis rendu compte que l’association était ouverte à tous. »

La jeune femme y puise un sentiment d’utilité nouveau pour elle. « Je mesure l’effet concret qu’ont nos actions auprès des personnes en détresse, par exemple à travers un repas partagé, observe-t-elle. J’ai l’impression d’être utile, avec une forme de reconnaissance que je ne trouve pas ailleurs. »

Mélange

Une trentaine de jeunes participent à l’année aux actions du Secours Catholique vosgien. « Il y a un vrai mélange, constate Jean-Marc Nicolle, animateur. On a des jeunes en galère, des bac + 7, des actifs… Tous s’épanouissent dans un bénévolat qui privilégie l’action concrète et les rencontres. »

C’est ce qu’est venu chercher Hakim, 25 ans, Algérien, arrivé au Havre pour ses études. Le bouche-à-oreille l’a conduit jusqu’aux Young Caritas havrais. « M’engager est une façon de m’intégrer, confie Hakim, de nouer des relations et d'épauler ceux qui en ont besoin. » Il souhaite notamment aider des migrants – une cause qui lui tient à cœur – et rendre visite à des personnes âgées.

Il y a une dimension de défi. Le challenge les motive !

François-Marie Debont

À l’image d’une génération marquée par la précarité, certains jeunes bénévoles ont été ou sont toujours eux-mêmes accompagnés au sein de l’association. « Du fait de leur vécu difficile, beaucoup s’engagent en retour, sensibilisés aux fragilités humaines », remarque François-Marie Debont, chargé de projet bénévolat jeunes au Secours Catholique.

Avec l’envie de bousculer leurs habitudes, aussi. « Il y a une dimension de défi, poursuit-il. Assurer un accueil de rue à 6 heures du matin l’hiver ne leur fait pas peur, au contraire, le challenge les motive ! »

Pour Florian, 26 ans, le défi consistait surtout à trouver un premier emploi. Orienté par sa mission locale, il est entré au Secours Catholique de Seine-Saint-Denis comme volontaire civique pour animer des ateliers d’informatique, son créneau.

Puis il s’est rapproché de l’équipe bénévole qui anime un atelier similaire les samedis matin et a rejoint les Young Caritas. Cet engagement lui a permis d’élargir son cercle amical et social, et a compté pour obtenir un contrat dans une société d’informatique.

« J’ai développé des compétences relationnelles qui m’ont été utiles lors des entretiens. Être bénévole, cela dénote aussi une motivation à laquelle l’employeur est sensible », témoigne-t-il.

« Les jeunes veulent s’engager, conclut François-Marie Debont. Offrons-leur un cadre adapté : de la souplesse, pas de pression, et des responsabilités ! » À l’instar de Florian, désormais responsable de l’atelier informatique du samedi matin.

 

Pour que le temps bénévole « compte »

Alors que le chômage touche particulièrement les jeunes, et qu’ils sont de plus en plus nombreux à s’engager dans des actions de bénévolat ou de volontariat, pourquoi cet engagement ne serait-il pas valorisé ?

C’est l’idée que défend, au sein du collectif Alerte, le Secours Catholique qui a apporté sa contribution aux discussions portant sur le compte personnel d’activité (CPA). « Nous prônons la prise en compte du temps passé par un nombre croissant de nos concitoyens en situation difficile dans des activités bénévoles et des engagements citoyens pour le “calcul” des droits entrant dans le CPA », explique Jacques Lepage, responsable Emploi et RSA au Secours Catholique.

« Cela signifierait la reconnaissance et la prise en compte – dans tous les sens du mot – de ces temps offerts gratuitement pour des activités d’intérêt général par des personnes qui souhaitent être utiles malgré leur inactivité forcée. Ces temps sont souvent source de développement de capacités relationnelles, de prise de responsabilités et de compétences. »

Le compte engagement citoyen (CEC), associé au CPA, pourrait être un premier mécanisme de reconnaissance, en particulier pour les chômeurs de longue durée et les jeunes qui peinent à s’insérer dans le marché du travail. Leur bénévolat ou volontariat pourrait à l’avenir leur ouvrir des droits, par exemple pour se former.

Clarisse Briot
Crédits photos : © Xavier Schwebel / Secours Catholique
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