Journée mondiale des réfugiés : soutenir la famille

Publié le 20/06/2013
Europe
 

À l’occasion de la Journée mondiale des réfugiés, ce 20 juin, Caritas Europa, dont le Secours Catholique fait partie, appelle l’Union européenne et ses États membres à soutenir le droit au regroupement familial pour tous les réfugiés.

Pour Caritas Europa, le droit d’avoir une vie de famille est l’un des piliers des droits de l’homme. À l’occasion de cette Journée mondiale des réfugiés, cette confédération qui regroupe 49 Caritas européennes – dont le Secours Catholique-Caritas France – rappelle que le regroupement familial est un des principaux leviers d’intégration de ces populations.

Caritas Europa demande donc à ce que tous les pays membres de l’Union européenne harmonisent leur législation et leur pratique en termes de regroupement familial.

« Ce droit est menacé, explique Daphné Bouteillet-Paquet, chargée des questions de migration et d’asile à Caritas Europa. Année après année, il y a de moins en moins de permis délivrés pour les personnes réfugiées et les procédures, très longues, causent une grande souffrance humaine à ces familles. »

De plus, Daphné Bouteillet-Paquet appelle à ce que les procédures de regroupement familial soient accessibles à toutes les familles, même les plus défavorisées, et qu’elles tiennent compte des besoins spécifiques de chacune. « Il faut reconnaître qu’en temps de guerre ou de conflit, il est parfois impossible d’obtenir des documents de voyage et d’état civil. Certains groupes sont fortement discriminés dans leur demande de regroupement familial. C’est le cas par exemple des Somaliens ou des Afghans », explique Jorge Nuño Mayer, secrétaire général de Caritas Europa.

Penser aux bénéficiaires de la protection subsidiaire

Caritas Europa demande à ce que les bénéficiaires de la protection subsidiaire aient les mêmes droits que les réfugiés reconnus car pour l’instant, ces bénéficiaires ne sont pas explicitement mentionnés dans la directive européenne sur le regroupement familial.

La directive dispense les réfugiés reconnus des conditions de logement, d’assurance et de revenus, exigées dans le cadre d’un regroupement familial (clause de dispense), à la seule condition que la demande de regroupement soit introduite dans les trois mois à compter de l’acquisition du statut de réfugié.

Caritas Europa souhaite que cette clause de dispense soit revue car de nombreux réfugiés sont dans l’incapacité de déposer cette demande dans les trois mois, pour des raisons pratiques souvent indépendantes de leur volonté. « Cette limitation temporelle doit être appréhendée avec précaution, estime Jorge Nuño Mayer, car il suffit de perdre les documents officiels dans une fuite pour ne pas pouvoir demander le regroupement familial. »

Abandonner le test ADN comme preuve

Caritas Europa insiste enfin sur la prudence dans l’utilisation des tests ADN et souhaite qu’ils soient le dernier recours pour prouver le lien de parenté effectif. Certes, certains des documents exigés pour valider un dossier de regroupement familial ne sont pas toujours acceptés, même lorsqu’ils sont délivrés par les autorités officielles du pays d’origine.

Mais même si le test ADN peut parfois accélérer une procédure, il a déjà souvent été source d’échecs pour d’autres. Le test est discriminatoire car certaines familles ne veulent pas uniquement se définir par les liens du sang. De plus, il soulève d’autres questions telles que la violation de la vie privée, la souffrance psychologique et le coût économique.

Gisèle, réfugiée en Belgique, témoigne de son combat pour que ses enfants, restés au Cameroun, puissent la rejoindre. Après trois ans de procédure, son plus jeune fils a enfin reçu son visa.
© Caritas Europa
Sophie Lebrun
© Caritas Europa
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