Journées nationales d’études de Lourdes : tous acteurs

Publié le 16/06/2014
Lourdes
 

Tous les deux ans, les Journées nationales d’études de Lourdes rassemblent les cadres bénévoles et salariés du Secours Catholique. Pour la première fois, des personnes vivant des situations de précarité, aidées par l’association, participent à ces rencontres qui se déroulent du 16 au 19 juin à la Cité Saint-Pierre.

Parmi les six représentants de la délégation vosgienne du Secours Catholique aux Journées nationales d’études de Lourdes (JNEL), il y aura cette année, trois jeunes accueillis en chantiers d’insertion. « On a souvent l’image de jeunes gens pommés, en difficulté. Eux entendent souvent ce discours, explique Thomas Lop Vip, délégué des Vosges. Nous souhaitons leur faire comprendre en les emmenant avec nous aux JNEL qu’ils sont acteurs à part entière, et que leur témoignage et leurs idées sont importants. »

Du côté du Centre d’entraide pour les demandeurs d’asile et les réfugiés (Cèdre) de Paris, une Malienne, un Nigérian et un Bengladais feront également le déplacement. « En faisant participer ces demandeurs d’Asile aux JNEL, on leur fait découvrir les coulisses d’une grande association. Actuellement, nous fonctionnons en sens unique : ils viennent vers nous car ils ont besoin d’aide pour leurs démarches. Leur participation et leur regard peuvent nous permettre, au Cèdre, de nous poser les bonnes questions sur notre travail d’accueil », confirme Luc Bert, directeur de cette antenne du Secours Catholique.

Tous acteurs de la solidarité

Là est tout l’enjeu de ces journées nationales, baptisées “Tous acteurs de la solidarité” qui se déroulent du 16 au 19 juin. Cette année sur les 700 invités, plus de 150 sont des personnes en situation de pauvreté ou de précarité. Habituellement, ces journées, qui ont pour but de travailler sur les grandes orientations du Secours Catholique, sont réservées aux seuls bénévoles et salariés de l’association.

« On a déjà sollicité des personnes en précarité dans le cadre de témoignages, mais on n’a jamais accueilli ces personnes pour qu’elles participent pleinement à tous nos travaux de réflexion sur ces quatre jours », confirme Martine Duval, directrice de la Coordination des régions et des délégations du Secours Catholique et cheville ouvrière de l’événement.

« On réfléchit depuis 1996 à savoir comment on peut s’associer avec les personnes en situation de précarité pour construire cette société juste et fraternelle » complète Bernard Thibaud, secrétaire général de l’association. Cette volonté de co-construction est primordiale selon lui : « Ces personnes ont vécu des situations difficiles, elles ont une expérience unique. Elles peuvent en parler, dire comment elles les ont traversées, comment elles ont pu être soutenues, ce qui les a aidées à s’en sortir... Elles ont parfois aussi un point de vue totalement différent de nous, qui n’avons pas vécu ces difficultés. Et cet autre regard peut être tout à fait enrichissant pour le Secours Catholique ! »

De grands chantiers

Les participants ne sont pas seulement invités à venir témoigner de leurs expériences : ils sont surtout là pour construire, tous ensemble, les grandes lignes de l’action du Secours Catholique pour les années à venir, avec en ligne de mire les 70 ans de l’association en 2016. Ce travail a commencé depuis deux ans à travers dix “chantiers prioritaires”. Ceux-ci rassemblent – une fois par mois en moyenne – des groupes d’une dizaine de personnes, bénévoles ou salariés du Secours Catholique, pour creuser les thèmes propres à l’action de l’association : les migrations, l’emploi, la solidarité familiale, l’interculturel, les jeunes, les territoires urbains et ruraux ou encore la quête de sens…

« Les JNEL seront l’occasion de faire un point sur l’état d’avancement de ces différents chantiers, et de confronter le travail fait avec l’ensemble des participants aux Journées nationales », précise Bernard Thibaud. Le secrétaire général du Secours Catholique espère bien que les différentes équipes qui travaillent sur ces chantiers pourront intégrer les personnes directement concernées par ces travaux, c’est-à-dire les plus précaires, quand ils ne l’ont pas déjà fait. Un processus d’association qui s’inscrit comme une pierre angulaire du fonctionnement du Secours Catholique pour donner du sens à l’engagement – sous toutes ses formes – des 950 salariés et des 65 000 bénévoles.

 

Gautier Demouveaux
Crédits photos: © Elodie Perriot/Secours Catholique
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