La Casa Textile cible jeune

Publié le 02/12/2016
Clermont-Ferrand
La Casa Textile cible jeune
 

Quelques jeunes du Secours Catholique du Puy-de-Dôme ont monté une boutique solidaire à Clermont-Ferrand pour rencontrer d’autres jeunes en difficulté et voir avec eux comment ils peuvent les aider. Un doux mélange d’égalité et de fraternité.

La rue Saint Dominique du vieux Clermont-Ferrand fleure l’époque où les calèches se frayaient un chemin à travers une foule de chalands, de marchands et de badauds. Aujourd’hui piétonne, mais toujours étroite et pavée, elle reste une artère commerçante. Sur cet axe, à l’angle d’une rue perpendiculaire, une nouvelle boutique vient d’ouvrir. Elle s’appelle La Casa Textile.

Malgré son nom, elle a un petit air anglo-saxon. En vitrine, un grand mannequin vêtu d’un pantalon et d’un blouson noir masculin. Derrière lui, le comptoir, puis une autre vitrine, celle qui donne sur la rue adjacente et qui éclaire la partie la plus spacieuse de la boutique, le coin détente. Ceux qui y sont installés bavardent gaiement.
 

Le soir, j’appelle le 115 pour dormir à l’abri. Quand il n’y a pas de place, je dors à la gare.

Mamadou, 22 ans.

Amir et Hashim, assis sur le canapé, apprennent quelques mots de français de Gladys. Ils sont afghans. Ils sont venus avec leurs amis soudanais qui, installés devant l’ordinateur, écoutent une musique de leur pays sur Internet. Elodie, volontaire civique, propose du café et des gâteaux.

Mamoudou dispose quelques jeans sur les barreaux d’une échelle-présentoir : « J’ai 33 ans, dit-il en souriant. J’ai fui la Côte d’Ivoire en 2012. Je suis demandeur d’asile. Le soir, j’appelle le 115 pour dormir à l’abri. Quand il n’y a pas de place, je dors à la gare. » Il aide Gladys et Elodie à tenir la boutique.

 

Pour Gladys, ce stage de six mois à la boutique termine en beauté un master en actions culturelles et gestion de projets. Arrivée un mois avant le 5 octobre, jour de l’ouverture, elle anime la boutique et organise des sorties culturelles, « essentiellement visuelles car tous ne parlent pas notre langue, dit-elle. Depuis qu’il y a deux Centres d’accueil et d’orientation (CAO) à Clermont-Ferrand, nous accueillons six ou sept étrangers par jour. Nous passons du temps avec eux. »

Aurélien, animateur en charge des jeunes, est un des créateurs du lieu. « Nous voulions à la fois mener un projet solidaire et montrer qu’on peut s’engager au Secours Catholique sans attendre la retraite. Nous avons trouvé ce local, fait des travaux pendant neuf mois, et réalisé tout entre jeunes. »

 

On peut s’engager au Secours Catholique sans attendre la retraite.

Aurélien.

Claire, animatrice chargée de l’insertion et de la filière textile, a apporté son expérience en choisissant « les vêtements sur des critères de qualité, d’utilité et d’esthétique parmi les habits donnés au Secours Catholique ». Car la boutique est aussi ce jeu de patères et de cintres mettant en valeur de belles robes et de robustes jeans à un prix défiant toute concurrence.

Jacques Duffaut.
Crédits photos : ©Gaël Kerbaol / Secours Catholique
Trois hommes admirent leur récolte de salade
Plus d'informations
Économie solidaire
# sur le même thème