La réduction des risques de catastrophe naturelle, un combat en Asie

Publié le 14/10/2013
Bangladesh
 

Depuis plus de vingt ans, Pintu Gomes est chargé de projets pour Caritas Bangladesh. À l’occasion de la Journée mondiale des catastrophes naturelles, célébré le 14 octobre, il revient sur le travail de fond mené dans ce pays souvent victime de tsunamis et de cyclones.

Comment Caritas Bangladesh répond-elle aux catastrophes naturelles qui touchent régulièrement la population ?

Quand nous recevons l’information qu’un cyclone ou un tsunami risque de frapper une région, nous mettons notre réseau en alerte. Nous envoyons des personnes sur place pour estimer les futurs besoins et pour sensibiliser la population aux gestes qui peuvent sauver face à la catastrophe à venir. Dans les heures qui suivent la catastrophe naturelle, des denrées sont acheminées ou achetées au plus près du lieu où sont installés les habitants et nous en assurons la distribution. En moins de deux jours, nous pouvons répondre ainsi aux besoins de première nécessité (nourriture, eau).

Combien de temps restez-vous dans une zone sinistrée ?

Notre programme d’aide d’urgence dure un an maximum. Mais il s’accompagne toujours d’une seconde phase, un programme de réduction des risques de catastrophe. En étant présents après la catastrophe, nous créons des liens avec les communautés touchées. Nous prenons le temps de les écouter.

Ce temps-là nous permet d’avoir les éléments pour identifier les racines du problème qui amène ces communautés à la pauvreté, déterminer ce qu’il faut pour que la prochaine catastrophe ne les réduise pas à la même précarité, ruinant les efforts de développement et de reconstruction. Nous pouvons alors leur proposer un soutien pour des projets qu’ils ne sont pas en capacité de mener seuls.

Depuis quand Caritas Bangladesh s’engage-t-elle dans l’accompagnement des populations face aux catastrophes naturelles ?

Caritas Bangladesh est née pour répondre à l’une de ces catastrophes. De 1971 – date de notre fondation – à 1991, nous étions uniquement engagés dans une réponse d’urgence. Puis des études ont montré que les pertes humaines étaient bien moindres dans les villages où les habitants étaient préparés à se protéger d’une catastrophe naturelle.

La décennie suivante, nous avons donc développé des programmes de sensibilisation pour les populations, tout en entreprenant la construction d’abris anticycloniques dans les zones très exposées (242 abris existent dans 11 districts côtiers grâce à Caritas Bangladesh, ndlr). La sensibilisation a été incluse dans chacune de nos actions.

Depuis les années 2000, nous essayons d’aller plus loin en cherchant les causes profondes des dégâts causés par une catastrophe naturelle. En utilisant l’architecture et l’étude des sols, nous tentons de réduire encore les pertes humaines et matérielles. Le défi est important, car si les chiffres montrent année après année de moins en moins de morts à la suite d’une catastrophe naturelle dans notre pays, les dégâts matériels, en revanche, sont bien plus importants et plongent les survivants dans une pauvreté extrême.

Sophie Lebrun
Crédits photos: © Gaël Kerbaol/Secours Catholique
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