« L’économie sociale et solidaire est notre avenir »

Publié le 07/10/2014
« L’économie sociale et solidaire est notre avenir »
 

Jean-François Draperi est maître de conférences en sociologie, directeur du Centre d’économie sociale et solidaire (Cestes) au Conservatoire national des arts et métiers (Cnam) et rédacteur en chef de la Revue internationale de l’économie sociale (recma.org). Il fait une mise au point sur un concept qui reste encore peu connu : l’économie sociale et solidaire.

Que veut dire économie sociale et solidaire aujourd’hui en France ?

L’économie sociale et solidaire est la fusion de deux types d’économie : l’économie sociale et l’économie solidaire. La première se définit par les statuts d’un organisme. L’entreprise d’économie sociale regroupe des personnes et non des capitaux. Elle a pour but de répondre aux besoins de ces personnes et se compose des coopératives, des mutuelles et des associations. L’économie solidaire, elle, a pour but premier d’insérer des personnes en difficulté par le biais de l’économie.

Elle s’élargit ensuite à différentes formes de solidarité. À partir des années 2000, ces deux économies ont fusionné pour n’en former plus qu’une : l’économie sociale et solidaire. Celle-ci regroupe l’ensemble des entreprises qui se donnent pour objectif de pratiquer l’économie différemment, en la mettant au service de la société, des personnes.

Quelle est la part de l’économie sociale et solidaire en France ?

Elle représente 12 % des emplois et environ 8 % du produit intérieur brut (PIB).

L’économie sociale et solidaire est-elle présente ailleurs en Europe ?

Oui, elle existe partout en Europe mais elle n’est pas assez bien repérée, même s’il y a désormais une vraie reconnaissance de l’économie sociale et solidaire dans la majorité des pays d’Europe. Des lois ont été votées en Espagne et en Belgique, par exemple. La France est plutôt avancée dans ce domaine. En effet, c’est notre pays qui a donné une définition à l’économie sociale et solidaire et qui l’a structurée. La loi adoptée l’été dernier lui donne désormais un cadre légal. Elle permet d’encourager le développement de cette économie. Mais encore faut-il que les Français s’en saisissent.

L’économie sociale et solidaire est-elle une solution contre la crise ?

Oui, mais cela va même au-delà de la crise. Par son projet de restitution de l’économie à une finalité sociale, l’économie sociale et solidaire est notre avenir. Je parlerai même de survie, car notre société a de plus en plus de mal à supporter une économie capitaliste dont les intérêts divergent totalement de ceux de la société, en termes d’alimentation, de justice, d’équilibre écologique, de satisfaction des besoins, etc.

Quelle place occupe le secteur du textile dans l’économie sociale et solidaire ?

À ma connaissance, elle est très faible. Mais depuis un an, on observe un renouveau du textile sous forme coopérative ou associative. Je pense que ce secteur peut être un ressort puissant pour l’économie sociale et solidaire, comme il le fut par exemple en Inde au siècle dernier sous l’impulsion de Gandhi.


Pour aller plus loin

- L’économie sociale. Utopies, pratiques, principes, J.-F. Draperi, éd. Presses de l’économie sociale, 2013.
- L’économie sociale et solidaire : une réponse à la crise ?, J.-F. Draperi, éd. Dunod, 2011.

 
Clémence Véran-Richard
Crédits photos : © Sébastien Le Clezio / Secours Catholique-Caritas France
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