L’exclusion bancaire en ligne de mire

Publié le 10/12/2012
France
 

Si la législation française a instauré le droit à un compte bancaire en 1984, les 99 % de détenteurs en France ne sont pas tous égaux face aux conditions d’utilisation. En effet, avoir un compte bancaire ne veut pas dire avoir accès à un crédit ou devoir payer les mêmes frais que les autres.

Depuis quelques années, le Secours Catholique note que l’exclusion bancaire peut provoquer, voire aggraver, des situations de fragilité financière. « Il n’est pas rare de voir les plus modestes se faire prélever jusqu’à 60 € pour un dépassement de découvert très léger », s’indigne François Soulage, président du Secours Catholique, en charge du groupe de travail, dans La Croix. Sans compter que près de 150 000 personnes seraient aujourd’hui en situation de surendettement. Pour lutter contre cela, au quotidien, certaines délégations du Secours Catholique, comme dans la Vienne (Poitou-Charentes) ont mis en place des systèmes de microcrédit.

Au niveau national, même si la loi Lagarde, votée en 2010, impose un meilleur encadrement des produits financiers de crédits à la consommation, le Secours Catholique demande des mesures rapides et concrètes depuis un an, dans le cadre d’un « Manifeste pour l’inclusion bancaire » porté avec d’autres associations.

« J’ai moi-même acquis, pour voir, l’une de ces cartes de paiement [de crédit à la consommation, ndlr] dans un grand magasin. À aucun moment on ne m’a précisé que ce produit comportait une partie crédit, et encore moins comment ce dernier fonctionnait ! » insistait François Soulage dans La Croix.

C’est pourquoi le président de l’atelier « inclusion bancaire et lutte contre le surendettement » propose, dans le cadre des recommandations faites aux ministres lors de la Conférence nationale, plus de transparence de la part des banques et l’instauration d’un « fichier positif » centralisé sur les crédits. « Cette base de données indiquerait le nombre de prêts existants, pourquoi pas leur montant et leur date de commencement. Cela éviterait que des ménages pauvres ne se lancent, faute d’autres solutions, dans une accumulation de dettes », ajoute-t-il.

Enfin, le groupe a recommandé de créer des « points conseils budget » sur l’ensemble du territoire pour accompagner les personnes en difficultés.

 

Sophie Lebrun
© Sebastien Nogier/IP3/MAXPPP
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