Logement : le Secours Catholique pour un choc de solidarité

Publié le 05/12/2012
Paris
 

Des tentes ont fait leur apparition sur le pont des Arts à Paris, ce mercredi 5 décembre. Une manière pour le Collectif des associations unies, dont le Secours Catholique est membre, d’exiger du gouvernement des mesures concrètes pour les personnes mal logées.

« Il y a quelques semaines, tous les médias ont annoncé un choc de compétitivité. Nous espérons que demain nous nous réveillerons et que sur les ondes on annoncera un choc de solidarité. » Devant de nombreux journalistes, Christophe Robert, porte-parole du Collectif des associations unies, n’a pas hésité à dégainer la formule choc pour alerter sur la situation dramatique des 3,6 millions de personnes sans abri et mal logées en France.

Pour exiger du gouvernement des mesures concrètes, les 33 associations du Collectif, auxquelles s’était jointe la Coordination nationale des professionnels de l’urgence sociale (CNAPUS), se sont réunies ce matin sur le pont des Arts, où elles ont installé 34 tentes, symbolisant autant de situations de mal-logement. Salariés, bénévoles, personnes aidées : ils étaient nombreux à être venus porter leurs revendications, à la veille de la Conférence de lutte contre la pauvreté qui se tiendra les 10 et 11 décembre prochains. « Il faudra que les moyens soient à la hauteur des besoins », prévient Charlotte Niewiadomski, chargée des questions de logement au Secours Catholique.

Jusqu’à présent, les associations estiment ne pas avoir été entendues. « Nous avons rencontré à deux reprises la ministre du Logement, et nous avons été reçus la semaine dernière par le Premier ministre, a expliqué Christophe Robert. Nous avons alerté sur la situation. Le Premier ministre ne nous a pas expliqué comment il allait sortir le pays de ce marasme sans précédent. Certes, le ton a changé, mais pour les personnes, rien n’a changé. »

Le logement, la base de tout

Mallory, 45 ans, est à la rue depuis un an : « Je suis dans l’intérim, je travaille par à-coups. Trouver un appartement à louer est très difficile. Je dors dehors la plupart du temps, parce que le 115 est saturé. Le Secours Catholique m’aide à trouver des places en foyer ou dans les églises, mais ce n’est pas toujours possible. »

Cette impossibilité d’aider, les travailleurs sociaux la subissent au quotidien. « On fait ce métier pour apporter des réponses et on se retrouve à dire aux gens que l’on ne peut rien faire pour eux, témoigne Nathalie Rouxel, représentant la CNAPUS. Aujourd’hui on n’arrête pas de nous parler de réductions budgétaires, mais sur le terrain nous savons le coût humain et financier de cette politique. Certaines familles doivent changer d’hébergement régulièrement : de Paris, le 115 les envoie tout au fond du Val-d’Oise. Dans ces conditions, comment peuvent-elles scolariser leurs enfants, comment peuvent-elles garder leur emploi ? »

« Le logement c’est la base de tout, confirme David, 42 ans dont 18 passés à la rue. Quand on se présente à un emploi et qu’on donne l’adresse du lieu où on habite, on reçoit des réponses négatives. Et puis ensuite, il y a la famille. J’ai deux enfants, je ne peux pas les recevoir là où je suis, je suis obligé de les voir à l’extérieur. »

À midi, les associations ont dû faire disparaître les tentes du pont des Arts. Le Secours Catholique présentera ses recommandations en matière de lutte contre la pauvreté lors de la Conférence des 10 et 11 décembre prochains.

 

Notes:

[1] Collectif des associations unies pour une nouvelle politique publique du logement des personnes sans abri et mal logées.

Marina Bellot
crédit : Sébastien Le Clézio/Secours Catholique
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