Mauritanie : soutenir les initiatives des femmes

Publié le 27/05/2013
Mauritanie
 

En Mauritanie, où la moitié de la population vit sous le seuil de pauvreté, Caritas cherche à donner à chacun, les moyens de devenir acteur de son avenir. Tour d’horizon à Nouakchott, la capitale, où l’accent est mis sur l’autonomie des femmes.

À Nouakchott, “cité sortie des sables” dans les années 1960, Caritas a mis en place différents programmes de développement, tous axés sur l’autonomisation des populations. «  Les femmes sont les plus vulnérables, c’est donc à elles que s’adresse en priorité notre soutien », explique Yacouba, le chef du projet urbain. Éloignées de l’éducation et du marché du travail, les Mauritaniennes doivent en effet de plus en plus souvent assumer seules leur famille : entre 2004 et 2008, le pourcentage des femmes chefs de ménage est passé de 19 % à 31 %.

Participatif et coopératif

Comment, dès lors, les aider au mieux ? « Nous travaillons de manière participative », explique sœur Yvonne, religieuse installée en Mauritanie depuis quinze ans. « Tout vient de la base, les projets répondent à un besoin que les gens expriment. » L’association part d’un constat de terrain : les femmes d’un même quartier se regroupent de manière informelle pour développer de petites activités, de la couture à la vente de denrées diverses. Or elles ont du mal à les rendre rentables, faute d’être efficacement organisées.

Caritas aide donc ces femmes à transformer leurs groupes informels en coopératives structurées, leur prête de l’argent sans intérêts pour développer leur activité et les forme aux rudiments de la comptabilité et de la gestion afin qu’elles gèrent au mieux leurs affaires. Le résultat est surprenant : « Le taux de remboursement est proche de 90 % », observe Yacouba.

Et quand une coopérative devient autonome financièrement, c’est tout le quartier qui en bénéficie : « Les habitants viennent parfois nous demander un prêt, pour payer des dépenses de santé ou d’éducation », explique la présidente d’une coopérative d’un quartier pauvre de Nouakchott. « Ils nous remboursent et nous donnent en plus un petit apport en nature, du sucre par exemple. » Le cercle vertueux est enclenché.

Faire des détenus de futurs hommes libres

« Un monde plus juste où les hommes développent leurs potentialités et accèdent à davantage de dignité. » Tel est l’idéal que Caritas Mauritanie s’efforce chaque jour de transformer en réalité. En prison où plus qu’ailleurs la dignité est malmenée, l’association œuvre pour faire des détenus de futurs hommes libres.

À Dar Naim, le quartier périphérique le plus pauvre de Nouakchott, ils sont plus de 600 prisonniers à purger leur peine derrière les murs d’un grand bâtiment austère conçu pour en accueillir la moitié. À travers son projet Espoir et appui aux prisonniers, Caritas forme une cinquantaine de détenus à la calligraphie, l’électricité et la maintenance informatique.

« Alors que la politique de l’État est essentiellement répressive, ces actions concrètes favorisent la réinsertion des détenus en leur permettant d’apprendre un métier et de devenir autonomes », commente le régisseur de la prison, qui collabore étroitement avec les équipes de Caritas. L’association a également mis en place des cours de français, d’arabe et d’anglais. « Quand ils viennent à mon cours, les élèves donnent leur maximum, dit Mohamed, le professeur de français.

Pour eux, apprendre est un moyen de se construire une nouvelle vie. » Comme un écho à ce que l’on peut lire sur l’un des murs de la prison : « la vie carcérale n’a pas de sens ».

Marina Bellot
© Xavier Schwebel / Secours Catholique
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