Microcrédit : l’action du Secours Catholique récompensée

Publié le 20/01/2015
France
 

Partout en France, le Secours Catholique – Caritas France aide un public en difficulté financière à obtenir des microcrédits. Une expérience débutée il y a dix ans et que salue la Banque de France.

Ce 20 janvier 2015, Christian Noyer, gouverneur de la Banque de France, remettait le "prix 2014 du microcrédit accompagné" à Mohammed Rouabhi, aujourd’hui salarié d’une compagnie d’ambulance. Ce microcrédit, attribué par le Crédit Mutuel Midi Atlantique, grâce à l’appui de la délégation du Secours Catholique-Caritas France du Tarn Aveyron, (et notamment de deux bénévoles Alain Grillot et Bernard Buscayret), avait permis à M. Rouabhi de payer le dernier module de la formation nécessaire pour obtenir son diplôme d’ambulancier.

Depuis plus de dix ans, le Secours Catholique agit en partenariat avec différentes banques de crédit pour que soient accordés de petits prêts aux personnes à faibles revenus. Quelques centaines d’euros suffisent parfois pour renforcer une situation et prendre un nouvel élan.

Les dossiers personnels sont d’abord instruits par des bénévoles de l’association, formés au microcrédit par les banques elles-mêmes. « Je regarde si le dossier est éligible, explique Bernard Guiot, responsable de l’équipe locale du Secours Catholique de Brest, puis je le présente à la commission départementale, composée de deux membres de chez nous et de deux membres du Crédit Mutuel de Bretagne. »

M. Guiot connaît le « dispositif sur le bout des doigts », pour reprendre son expression. Avant de prendre sa retraite, Bernard Guiot était directeur au Crédit mutuel de Bretagne. C’est lui qui, il y a dix ans, a mis en place cette forme d’aide avec le Secours Catholique. A la retraite, il poursuit la même activité, mais du côté associatif. « En moyenne, nous présentons dix dossiers tous les trois mois. Le maximum prêté est de 3000 euros, remboursables en 36 mensualités.  »

Expérimentation

Depuis novembre 2004, date du début de l’expérimentation, ce partenariat avec des banques de crédit a permis d’accorder 2862 prêts dont 1879 ont, à ce jour, été remboursés. Un Fonds social de garantie (FSG) cautionne ces emprunts. La charge est supportée à moitié par le Secours Catholique et par l’établissement bancaire. Jusqu’ici, il y a eu 293 appels à caution, ce qui représente un peu plus de 10 % du nombre de prêts accordés. La majorité de ces prêts sont accordés à des femmes (1573) et le montant moyen des prêts s’élève à 1922 euros.

En Meurthe-et-Moselle, il n’y a pas encore eu d’impayés. Dans ce département, le Secours Catholique est associé à la Caisse d’Épargne de la région par l’intermédiaire d’une structure associative appelée Parcours Confiance. « Il y a des incidents de parcours parfois lors de remboursements, indique Jean-Claude Wolf qui avec son complice Jean Le Quillec, autre bénévole passionné de microcrédit, a été formé par la Caisse d’Épargne.

Quand il y a un incident de remboursement, la banque nous avertit, nous contactons les personnes que nous accompagnons jusqu’à la fin du prêt et avec elles nous trouvons une solution pour que le prêt soit remboursé intégralement. Ce qui peut suspendre les échéances un ou deux mois. Mais cela est possible grâce aux liens personnalisés que nous avons créés. »

Les principaux postes concernés par le microcrédit sont la mobilité (emploi conditionné par l’usage d’un véhicule ou l’obtention du permis de conduire), le logement (caution ou premier loyer, frais d’agence, isolement, amélioration de l’habitat), une rupture (divorce, veuvage, frais d’obsèques) et la santé.

Les actions de microcrédit du Secours Catholique enclenchent un processus d’émancipation sociale. Elles s’adressent aux personnes les plus éloignées du circuit bancaire : allocataires du RSA et des minima sociaux, personnes trop âgées pour emprunter, interdits bancaires. « Généralement, le public pour qui nous obtenons un microcrédit se sont déjà vus refuser tous les crédits. Après nous, il n’y a plus personne pour les aider, dit Jean-Claude Wolf. Nous espérons multiplier les équipes de Meurthe et Moselle et promouvoir cet accompagnement dans le temps. »

Jacques Duffaut
Crédits photos: ©Jacques Duffaut/Secours Catholique
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