Monseigneur Romero, figure d’inspiration pour les Caritas latino-américaines

Publié le 11/10/2018
Salvador
 

Dimanche 14 octobre, Mgr Óscar Romero va être proclamé saint lors d’une célébration à Rome. Sa canonisation consacre l’option préférentielle pour les pauvres.

L’archevêque salvadorien, assassiné en pleine messe en 1980, a en effet lutté aux côtés des plus démunis.

Sa figure inspire aujourd’hui encore le travail des Caritas, partenaires du Secours Catholique, en Amérique latine. Entretien avec Père Francisco Hernández, Secrétaire général de Caritas Amérique latine et Caraïbes.

 

Entretien avec Père Francisco Hernández, Secrétaire général de Caritas Amérique latine et Caraïbes.

 

En quoi Mgr Romero est une figure emblématique pour les Caritas latino-américaines ?

 

Il est une inspiration pour nous tous. Il a toujours agi auprès des plus démunis et pour eux. Il avait d’ailleurs leur confiance. À mes yeux, c’est une figure de l’espérance qui donne de l’espoir aux gens aujourd’hui encore.

C’était un homme simple : je l’ai constaté alors que je l’ai moi-même connu en tant que séminariste. Jésus l’inspirait : Mgr Romero était comme le Christ, en contact permanent avec les gens. Il allait vers eux : les jeunes, les femmes et les pauvres. Ce qui lui permettait de bien connaître les enjeux et problématiques auxquels les populations étaient confrontrées.

 

Son action auprès des plus pauvres inspire-t-elle les Caritas aujourd’hui ?

 

Tout comme lui, nous travaillons avec les populations locales, nous luttons contre la violence institutionnalisée, nous accompagnons les plus pauvres pour leur donner de l’espoir.

Nous partageons la même vision d'un style de vie basé sur la simplicité et l'équité et nous essayons à notre manière d'agir dans la continuité des idées développées par Mgr Romero. Nous sommes à sa suite mais aussi à la suite de Medellin : l’Église latino-américaine s’était en effet prononcée en faveur des plus opprimés lors de la conférence épiscopale de Medellin en 1968, cherchant à faciliter le dialogue et le travail avec les pauvres, ce qu’on a appelé l’option préférentielle pour les pauvres.

 

Est-ce que, comme Romero, vous ne luttez pas seulement contre la pauvreté mais aussi contre les causes de la pauvreté ?

 

Romero défendait les droits des plus pauvres contre le système oppresseur. Au cours de ses homélies, parfois diffusées à la radio, il a mené un travail de sensibilisation pour protéger la société civile et plaider en faveur du changement d’un système qui opprime les plus démunis.

Un exemple clair de ce message contre le système se trouve dans ses dernières homélies, dans lesquelles il a invité les soldats à déposer les armes et à ne pas attaquer les populations civiles.

Nous aussi, nous défendons les droits de l’homme et nous pensons que la pauvreté est le résultat des politiques économiques qui favorisent l'inégalité. Pour nous attaquer à la racine de la pauvreté, nous mettons en œuvre des projets visant à promouvoir l'économie sociale et solidaire, les économies du don et les initiatives de développement humain alternatif.

Pour moi, Mgr Romero est le symbole de notre action : il représente l’Église auprès des plus pauvres.

Propos recueillis par Cécile Leclerc-Laurent
Crédits photo : ©Élodie Perriot / Secours Catholique
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