Philippines : les secours de Caritas sur place

Publié le 15/11/2013
Philippines
Philippines : les secours de Caritas sur place
 

Malgré les difficultés rencontrées pour atteindre les zones sinistrées, les Caritas sur place commencent, quatre jours après le passage du typhon, à distribuer eau et nourriture aux populations les plus affectées.

Les premiers secouristes du réseau Caritas sont arrivés sur place dans les heures qui ont suivi le passage du plus puissant typhon jamais enregistré dans le monde. Ils racontent combien ils ont été choqués par les scènes de dévastation dont ils ont été témoins.

La ville de Tacloban sur l’île de Leyte a été particulièrement touchée. Rey Barnido, de Caritas Philippines (Nassa), rapporte que « l’hôpital régional est submergé par les patients. Il y a des morts partout. Il n’y a ni eau, ni électricité. C’est comme si on avait lancé une bombe nucléaire. »

Plus de 9,5 millions de Philippins vivant dans neuf provinces ont été affectés. 600 000 d’entre eux ont été obligés de partir de chez eux. Selon le père Edwin Gariguez, secrétaire général de la Caritas Philippines, « c’est la première fois que le pays connaît un désastre de cette ampleur. Malgré les précautions prises, le typhon est allé au-delà de tout ce qui pouvait être prévisible. C’était inimaginable. »

C’est par bateau que les premières équipes de la Caritas Philippines et de la Caritas américaine, Catholic Relief Services (CRS), sont arrivées sur place dimanche 10 novembre. Elles décrivent les routes recouvertes de débris et la plupart des maisons, très endommagées, devenues totalement inhabitables. Quant aux autres bâtiments, commerces compris, ils ont été détruits.

L’eau potable et la nourriture sont les besoins les plus urgents

L’eau potable et la nourriture sont les besoins les plus urgents, confirme la Caritas Philippines. À ces deux priorités, CRS (présente sur la plupart des urgences internationales depuis de nombreuses années) ajoute les besoins en abris d’urgence, en couvertures, en produits sanitaires et en ustensiles de cuisine. Tout en mettant en route des projets d’assainissement.

Le père Edwin Gariguez craint que les zones dont on est sans nouvelles ne soient touchées aussi sérieusement, sinon plus. Car les îles Samar où vivent 700 000 habitants sont les premières terres atteintes par le typhon vendredi dernier. Plusieurs centaines de morts ont déjà été dénombrées et des milliers de personnes sont encore portées disparues. Des témoignages indiquent que les villes de Giporlos et Guiuan sont à l’état de « ruines totales » et 2 000 personnes sont portées disparues dans la seule ville de Basey.

Situation d’apocalypse

Les premiers rapports parvenant des zones où les secours n’ont pas encore pu parvenir font le même constat : une situation d’apocalypse avec des maisons rasées, des listes interminables de personnes mortes, disparues ou blessées. Les populations se désespèrent attendant eau et nourriture pour répondre aux besoins basiques.

Les Caritas locales et les partenaires d’Église du pays ont déjà distribué des vivres à quelques zones parmi les plus affectées. CRS, de son côté, a commencé à distribuer quelque 18 000 bâches à des familles sans abri, de l’eau potable et des autres produits de première nécessité à 5 000 familles. Des équipes d’habitants sont sur le point d’être constituées pour nettoyer et dégager les zones sinistrées en échange d’un salaire.

Les efforts porteront sur l’aide à la construction d’abris pour se protéger des éléments. Pour construire ces abris, les équipes de Caritas distribueront des kits comprenant des bâches étanches (très résistantes et appropriées au climat) d’environ 80 mètres carrés, des clous et un cadre en forme de A. Ce cadre peut être conçu à partir de matériel récupéré ou de palmiers abattus. CRS a souvent utilisé à grande échelle ce genre de structures lors d’urgences passées (tout dernièrement dans cette zone lors du tremblement de terre du mois dernier). L’expérience prouve que ces structures sont les plus appropriées car elles sont faciles à assembler et qu’elles conviennent aux attentes des familles.

Un besoin urgent de fonds

Les besoins en jerrycans, produits d’hygiène (savon, lessive, dentifrice, etc.), literies et ustensiles de cuisine devront être comblés dans les toutes prochaines semaines. Autant d’objets à utilisation quotidienne que la population a perdu et qui seront rachetées dans les régions épargnées du pays par les Caritas opérationnelles.

Les équipes d’urgence des Caritas du monde entier, coordonnées depuis Rome par Caritas internationalis, se dirigent en ce moment vers les Philippines dans un effort conjugué de porter rapidement secours aux populations meurtries. « Nous avons véritablement besoin de toute l’aide disponible, annonce le père Gariguez. Nous apprécions tous les messages de solidarité venant des Caritas et de leurs donateurs partout dans le monde. »

Le Secours Catholique, membre français du réseau mondial Caritas, a pour sa part débloqué une première aide d’urgence de 200 000 euros. Au total l’ensemble des Caritas ont d’ores et déjà fait parvenir près d’un million et demi d’euros. Des sommes qui sont loin de répondre à l’ampleur du désastre.

 

Jacques Duffaut
Crédit Photo : © Caritas Internationalis
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