Rio+20 : l’économie mondiale en rouge et vert

Publié le 20/06/2012
Brésil
Rio+20 : l’économie mondiale en rouge et vert
 

Le sommet international Rio+20 consacré au développement durable et à l’éradication de la pauvreté s’ouvre ce 20 juin au Brésil. Le Secours Catholique y participe. La question très controversée de l’économie verte y est centrale.

L’Insee en France et la conférence internationale Rio+20 relancent la question controversée de l’économie verte.

Tendance positive, l’Insee observe « un découplage rapide et important entre croissance économique, d’une part, et utilisation de ressources naturelles et rejet de polluants, d’autre part ». Il en résulte une « intensité matière de 0,6 kg de matière utilisée par euro de PIB (produit intérieur brut), soit une baisse de 26 % depuis 1990 », relève l’Institut national de la statistique dans sa dernière édition de L’économie française.

Moins de pétrole dans la production

Ce résultat s’explique en grande partie par la baisse de la quantité de pétrole consommée pour produire, baisse de 4,5 % en moyenne entre 1990 et 2008. Mais le chiffre de 26 % est surestimé. Les ressources naturelles utilisées par les produits importés, moins économes de ces ressources que ceux élaborés en France, ne sont pas prises en compte, reconnaît l’Institut national de la statistique. Or ces importations ont connu une forte hausse durant la dernière décennie.

453 000 emplois « verts »

Autre point à première vue positif, l’économie verte est porteuse d’emplois avec les écoactivités qu’elle génère : 453 000 personnes employées en 2010 dans la gestion des eaux usées et des déchets, les énergies renouvelables… Entre 2004 et 2010, le nombre de ces emplois environnementaux a augmenté à un rythme annuel moyen de 3,4 % en France, « très supérieur à celui de l’ensemble des branches de l’économie », souligne l’Insee.

Les écoactivités, au sens large, représentent même 960 000 emplois en 2009 en France. Mais sont-elles vraiment « vertes » quand elles incluent la construction d’éoliennes, la fabrication de matériels ferroviaires ?

« Nouveau stade du capitalisme »

L’absence de définition universelle de l’économie verte nourrit incertitude et contestation. Elle devrait améliorer « le bien-être humain et l’équité sociale tout en réduisant de manière significative les risques environnementaux et la pénurie de ressources », selon l’orientation souhaitée en 2010 par le Programme des Nations unies pour le développement (Pnud).

L’économie verte est au contraire vue par les sociétés civiles comme « un nouveau stade du capitalisme ». Capitalisme à la recherche de « nouvelles formes d’accumulation en s’appropriant des biens communs (eau, forêts, terres, biodiversité…), sans remettre véritablement en cause les systèmes de production et de surconsommation actuels », selon les observations du Secours Catholique.

Le Brésil concerné au premier chef

Confirmant cette crainte, des milliers de Brésiliens ont d’ailleurs défilé à Rio le 18 juin, contre le « capitalisme vert » pratiqué dans leur pays : une exploitation agricole intensive, par des Brésiliens et des étrangers, qui est loin de concourir au développement durable.

Croissance trop raisonnable ?

Le consensus sera très difficile à trouver. Les pays en développement craignent que les pays développés ne leur imposent un modèle de croissance « raisonnable » qui ne tiendrait pas compte de leurs attentes à l’égard du développement économique et leur dicterait un mode de gouvernance…

Garanties pour les plus fragiles

Présent à Rio+20, le Secours Catholique souhaite pour sa part que la conférence internationale apporte « des garanties pour les populations les plus fragiles » et prenne en compte « le pilier social du développement durable ». Le principal but du développement doit être celui de l’homme dans toutes ses dimensions et suppose « qu’aucune structure ne peut garantir ce développement en dehors et au-dessus de la responsabilité humaine », affirme l’association, citant l’encyclique « Caritas in veritate » du pape Benoît XVI.

 

F.T.
© Antonio Lacerda/EPA/MAXPPP
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