Roms : le Secours Catholique reçu place Beauvau

Publié le 06/08/2012
France
 

Pendant plus de deux heures trente, le sujet de l’inefficacité des expulsions sans solutions alternatives des bidonvilles et des squats, celui des difficultés, voire de l’impossibilité d’accéder à l’emploi, aux soins, à la domiciliation et à la scolarisation ont été abordés.

Face aux arguments avancés par les représentants de Médecins du monde, du CCFD, de la Fnasat, de la LDH et du Secours Catholique, le directeur adjoint du cabinet du ministre, entouré des deux conseillères chargées respectivement de l’immigration et de l’intégration, ainsi qu’un conseiller diplomatique, ont fait preuve d’une grande qualité d’écoute.

Ni stigmatisation, ni angélisme

Les représentants du collectif ont pu réaffirmer le besoin de rompre avec une approche ethnique pour privilégier une application du droit commun, sans stigmatisation ni angélisme. Affirmant partager ce point de vue, le directeur de cabinet a pris note de nos observations et revendications. Il a indiqué que les préfets avaient été sollicités pour que se tiennent des concertations préalables avec les élus locaux sur les évacuations de terrains, et pour que soit renoué le dialogue avec les associations.

Des annonces à la rentrée

Selon le directeur de cabinet, le ministre de l’Intérieur, Manuel Valls, devrait être en mesure de faire connaître son point de vue sur la levée des mesures transitoires, de même que sur les motivations juridiques des reconduites à la frontière en affirmant qu’il n’existe plus désormais d’objectifs chiffrés, ainsi que sur les évolutions législatives controversées de ces derniers temps (abus de courts séjours, etc.).

Un nouveau rendez-vous, cette fois avec le ministre, est envisagé à la rentrée pour discuter de ces propositions.

D’ici là, face à chaque menace d’expulsion des lieux de vie, il paraît plus que nécessaire aux comités locaux de maintenir la pression pour rencontrer le préfet et interpeller les élus locaux pour que soient réfléchis en amont l’opportunité de l’évacuation et l’accompagnement des personnes concernées. Le Secours Catholique s’est engagé à saisir le cabinet du ministre en cas de blocage d’un préfet pour rencontrer les associations et organiser les prises en charge des familles avec les collectivités territoriales.

Lettre ouverte des prêtres marseillais

L’association et son collectif ne sont pas seuls dans ce combat. Quarante-neuf prêtres et diacres du diocèse de Marseille viennent de rendre publique une lettre qu’ils ont adressée à la fin de juin aux élus de la ville. Leur propos : dénoncer le sort réservé aux Roms installés dans la cité.

Partout en France, se multiplient les expulsions de terrains et de squats occupés par des migrants ressortissants européens, que l’on dit « Roms ». Se multiplient… ou se poursuivent, car la spirale de ce que l’on qualifie le plus souvent de « démantèlement de camps ou de campements », engagée en juillet 2010 avec le célèbre discours de Grenoble, n’est toujours pas brisée. Au petit matin, comme en écho les unes aux autres, les expulsions se répondent ici et là, laissant femmes, hommes et enfants sans autre alternative que d’aller s’installer ailleurs, sur d’autres terrains, dans d’autres squats, dans des conditions de misère toujours plus profonde.

Une situation qui ne laisse pas indifférent, en particulier le diocèse de Marseille qui réagit en termes vigoureux.

À la fin du mois de juin déjà, Romeurope a publié un communiqué de presse reprenant les termes d’une lettre envoyée au Premier ministre, le 25 juin.

Myriam Argoud
© Alexander Roth-Grisard/Maxppp
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