Roms : les enfants de Ris-Orangis enfin scolarisés

Publié le 19/02/2013
Essonne
 

Après six mois de bataille menée par le Secours Catholique de l’Essonne, soutenu par d’autres associations locales, pour contraindre le maire de Ris-Orangis à scolariser des enfants roms, ces derniers vont enfin prendre le chemin de l’école.

« Les douze enfants roms du bidonville de la RN 7 sont enfin inscrits à l’école à Ris-Orangis. Nous sommes heureux de constater que la raison l’a emportée et que les lois républicaines sont appliquées, se réjouit Laurent Lurton, délégué du Secours Catholique de l’Essonne, association mobilisée pour la scolarisation de ces enfants depuis de nombreux mois. Mais que de temps perdu ! Que d’énergie gaspillée ! Que de misère ajoutée à la misère ! Plutôt qu’un sentiment de victoire, nous ressentons celui de la justice enfin rendue. »

La date de scolarisation pas encore arrêtée

À la suite d’un courrier du Défenseur des droits, Dominique Baudis, daté du 5 février, dans lequel il donnait au maire de Ris-Orangis un délai de dix jours pour procéder à l’inscription scolaire des enfants concernés, la municipalité a finalement consenti à appliquer la loi.

Pour ce faire, le cabinet du maire a sollicité l’aide de la délégation du Secours Catholique. Victor Brunier, animateur, et Chantal Thomas, responsable bénévole du service Enfance Famille de l’association, se sont donc mobilisés les 14 et 15 février derniers pour compléter les dossiers avec les familles et les accompagner une par une au service scolaire municipal afin d’enregistrer les inscriptions. « Les dossiers sont bien enregistrés mais nous ne savons pas encore quand les enfants seront vraiment scolarisés », précisait Laurent Lurton, le 19 février. L’association continue d’accompagner les familles.

Le Secours Catholique de l’Essonne en première ligne

Le Secours Catholique de l’Essonne a tenu un grand rôle dans la scolarisation de ces enfants. Soutenu par d’autres associations locales, la délégation avait engagé à la fin de 2012 une procédure contre le maire de Ris-Orangis devant son refus de scolariser ces enfants roms.

Après force protestations, l’édile avait finalement consenti, le 21 janvier, à ouvrir une classe pour ces douze enfants. Toutefois, cette classe était spéciale. Située dans une salle d’un complexe sportif, elle n’accueillait que des enfants roms et un enseignant spécialisé était mis à disposition. Les associations s’étaient indignées de ce dispositif. « La création de cette classe "ethnique" permet au maire de Ris-Orangis de s’affranchir de la loi et des engagements internationaux de [la France], relatifs à la Convention internationale des droits de l’enfant », avait dénoncé le Secours Catholique de l’Essonne sur son site internet.

La Défenseure des enfants, Marie Derain, s’était finalement saisie de l’affaire et s’était rendue, le 23 janvier, dans les locaux de la délégation du Secours Catholique à Évry pour une séance de travail. C’est cette mobilisation qui a suscité le courrier du Défenseur des droits.

« La bataille est loin d’être finie »

« L’inscription de ces enfants à l’école à Ris-Orangis est une bonne nouvelle mais en trompe-l’œil », avertit Laurent Lurton. En effet, les équipes du Secours Catholique ont récemment découvert un nouveau bidonville situé sur la commune de Ris-Orangis. « Une dizaine d’enfants y vivent et devront donc être scolarisés, prévient le délégué. Par ailleurs, je tiens à alerter sur le fait qu’on atteindra bientôt dans l’Essonne le nombre de 1 200 Roms sous le coup d’une expulsion à la fin de l’hiver. La bataille est donc loin d’être finie. »

Clémence Véran-Richard
© X. Schwebel/SC
Deux femmes discutent
Plus d'informations
Migrants
# sur le même thème