Roms : sur le terrain, pas d’amélioration

Publié le 26/08/2013
France
 

Un an après l’entrée en vigueur d’une circulaire censée améliorer les conditions de relogement et d’intégration des Roms, le Secours Catholique déplore l’absence de changement sur le terrain.

Le 26 août 2012, après un été de polémiques liées à l’évacuation brutale de plusieurs terrains occupés par des familles roms, pas moins de sept ministres signaient la circulaire « relative à l’anticipation et à l’accompagnement des opérations d’évacuation des campements illicites ».

L’objectif affiché : améliorer les conditions de relogement et d’intégration des Roms, en prévoyant qu’avant toute évacuation de campements, une concertation du préfet ait lieu avec les services et associations concernés afin de trouver des solutions de relogement, sur la base d’un diagnostic social réalisé en amont.

Or « la mise en œuvre de ces recommandations sur le terrain demeure quasi inexistante », note le collectif Romeurope, dont fait partie le Secours Catholique, dans son dernier rapport.

« La politique du gouvernement est illisible, déplore Laurent Giovannoni, responsable du département Étrangers-Roms au Secours Catholique. D’un côté, la circulaire du 26 août 2012 donne un cadre général pour anticiper et accompagner la résorption des bidonvilles. De l’autre, le ministère de l’Intérieur prône une ligne sécuritaire et répressive, et se borne à faire évacuer les terrains sans préparation et sans solution de relogement, ce qui ne fait qu’aggraver les problèmes. »

Sur le terrain, ces évacuations répétées laissent un goût amer aux associations comme le Secours Catholique. « Comment accompagner les gens sur le long terme quand ils sont sans arrêt expulsés ? interrogeait une bénévole du Secours Catholique de Marseille en octobre dernier. On perd de vue des familles que l’on suit depuis des mois. »

Divergences d’appréciation

En Essonne, l’un des départements qui compte le plus de familles roms, les expulsions se sont succédé à un rythme soutenu ces derniers mois.

Or « dans la quasi-totalité des cas, les diagnostics sociaux [censés proposer des solutions d’accompagnement concrètes à chaque personne ou famille] sont faits a minima et ne proposent pas de solutions pérennes, constate Laurent Lurton, délégué du Secours Catholique en Essonne. À Vigneux par exemple, travailleurs sociaux et bénévoles ont été à la rencontre de la population d’un campement pendant une demi-journée : la préfecture a considéré qu’il s’agissait là du diagnostic social, ce qui n’était pas le cas ! À Évry, c’est la police municipale qui a fait le diagnostic… »

Pour éviter ces divergences d’appréciation d’un territoire à l’autre, le Secours Catholique demande plus que jamais au gouvernement de définir une ligne directrice cohérente et de la faire appliquer de la même manière partout.

« Certains élus, de droite comme de gauche, sont tentés d’aller dans le sens de la démagogie, prévient Laurent Giovannoni. C’est notre crainte aujourd’hui : à l’approche des municipales, il se peut qu’il y ait des actions fortes des maires contre les populations roms. »


Les préjugés ont la vie dure

« Les Roms aiment vivre en bidonville », « ils n’ont pas le droit de venir en France », « ils profitent des aides publiques »… Voilà quelques-uns des préjugés sur les Roms que le Collectif Romeurope propose de combattre grâce à un petit guide publié en juin dernier : Ceux qu’on appelle les Roms, luttons contre les idées reçues rappelle les faits sur cette population et ses conditions de vie tout en proposant des pistes pour s’engager à leurs côtés.

Ceux qu’on appelle les Roms, luttons contre les idées reçues, à télécharger sur wwww.romeurope.org

Marina Bellot
© Matthieu Cotinat/Secours Catholique
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