Syrie : la France doit cesser les fausses annonces d’aides financières aux réfugiés

Publié le 25/07/2013
France, Syrie
 

Face à la détérioration grandissante de la situation des réfugiés syriens, le Secours Catholique dénonce les « fausses annonces » de la France sur les montants de l’aide d’urgence. Il appelle à un réel soutien financier de la part du gouvernement français.

Il y a tout juste un mois le président de la République française annonçait le déblocage de 85 millions d’euros pour la crise syrienne. Aujourd’hui, le Secours Catholique-Caritas France, Oxfam-France et CARE-France dénoncent l’attitude du gouvernement français : « Les ONG françaises ont eu la confirmation, lors de rendez-vous avec le ministère des Affaires étrangères, que ces fonds n’étaient que la mise en œuvre de projets préalablement financés par l’Agence française de développement (AFD) et non pas des fonds additionnels pour répondre à l’aggravation rapide de la crise humanitaire au cours des derniers mois. »

« Hier encore, François Hollande soulignait la mobilisation de la France pour des soutiens "indispensables à la population" » soulignent les ONG ce jeudi 25 juillet, avant d’ajouter : « C’est faire injure aux souffrances des populations touchées par la crise syrienne que d’annoncer des chiffres qui ne sont que du recyclage des dépenses déjà engagées, alors que les conditions de vie des réfugiés ne font que se dégrader et que l’urgence est de plus en plus pressante. »

Les associations mobilisées depuis le début des événements en Syrie auprès des nombreux réfugiés et des populations touchés par le conflit appellent donc l’État français à « transformer ces 85 millions d’euros "fantômes" en un réel apport financier supplémentaire, afin de contribuer à une réponse humanitaire basée sur les besoins ».

L’engagement du Secours Catholique-Caritas France pour les réfugiés

Depuis le début de la crise, plus d’1,8 millions de réfugiés ont fui la Syrie vers les pays voisins, en particulier le Liban et la Jordanie. Pour les soutenir, le Secours Catholique a engagé « 2,2 millions d’euros, dont 1,1 million pour le Liban, 800 000 euros pour la Syrie, le reste étant réparti entre la Turquie et la Jordanie », explique le secrétaire général Bernard Thibaud, qui s’est rendu au Liban début juillet.

Depuis deux ans, les Caritas mettent tout en œuvre pour juguler la crise qui secoue la région, notamment au Liban. Avec un million de réfugiés pour une population de quatre millions d’habitants, ce pays est particulièrement affecté.

Le programme soutenu par le Secours Catholique contribue à réduire le poids économique des réfugiés syriens pour les foyers libanais, en fournissant une aide humanitaire de base aux réfugiés. Il répond aux besoins essentiels de près de 10 000 réfugiés de Syrie extrêmement vulnérables, nouvellement arrivés, à travers la distribution de produits alimentaires et non alimentaires, et l’assistance psychosociale.

En Jordanie, la Caritas a lancé un projet d’assistance aux réfugiés. Selon les estimations des Nations unies, ce petit pays de 6,5 millions d’habitants devra faire face à près d’un million d’exilés d’ici la fin de l’année.

En Turquie, ils sont 350 000 Syriens à s’être installés dans 14 camps, dans sept villes du sud et du sud-est du pays. Le Secours Catholique soutient Caritas Turquie, forte d’une longue expérience de ces situations de crise puisqu’elle travaille avec des réfugiés depuis l’afflux d’Irakiens ayant fui la guerre en 1991.

Explosion de la pauvreté en Syrie

En mai dernier, Caritas Internationalis – qui rassemble les Caritas du monde entier dont le Secours Catholique-Caritas France – avait lancé un appel à l’action. « Nous devons faire tout ce qui est en notre pouvoir pour aider les parties en guerre à engager un dialogue véritable et respectueux qui permette à la population de pourvoir à ses besoins essentiels et conduise en dernier ressort à la paix pour le peuple syrien », déclarait alors son président, le cardinal Oscar Rodriguez Maradiaga.

De son côté, Mgr Antoine Audo, président de Caritas Syrie, s’interrogeait en juin : « Qui va nous sauver de la violence et de la crise économique, et nous rendre notre dignité ? Cette dignité, cette détermination, ce sens de la citoyenneté qui pousse au respect de l’autre, et qui amène sur le chemin de la paix et de la réconciliation. Nous en sommes bien loin. »

Sophie Lebrun
© Patrick Delapierre/Secours Catholique
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