Tour d’horizon : jeunes bénévoles, un chantier en constante évolution

Publié le 01/07/2014
 

De nombreuses façons de s’engager au Secours Catholique existent pour les jeunes. Que ce soit dans des actions solidaires ponctuelles ou sur le long terme, en France ou à l’étranger, l’éventail des propositions s’élargit d’année en année.

Sur la table de la petite salle à manger, une carafe d’eau, une autre de jus de pomme, un grand saladier de macédoine de légumes, une belle tarte au saumon, de larges tranches de pain… Louisa et sa fille Tamila ont mis les petits plats dans les grands pour recevoir leurs « amies » du Secours Catholique : Marie, Noémie, Hélène et Zeinabou. Cette dernière, volontaire civique à la délégation de Tours, a mis en relation les trois étudiantes en médecine avec cette famille d’origine tchétchène accompagnée par l’association. Depuis le début de l’année scolaire, une à deux fois par mois, les jeunes bénévoles viennent passer une soirée avec Louisa et Tamila.

« Avant, nous étions un peu isolées, se souvient Louisa. Avoir quelqu’un qui vient vous voir juste par plaisir, c’est important pour se sentir… humain, dans la société. » Dès le pas de la porte, les embrassades chaleureuses font place aux dernières nouvelles. Marie s’enquiert des prochains examens de Tamila. La jeune fille est sereine, sa mère « stressée pour deux ». Les étudiantes racontent leurs propres examens à venir. Louisa, ophtalmologiste-ORL dans son pays, comprend bien et partage ses souvenirs.

« Aujourd’hui, on en oublie même qu’on vient au nom du Secours Catholique, déclarent d’une seule voix les trois jeunes filles. Et pour l’avenir, si l’on ne sait pas encore ce qu’on fera l’an prochain, le lien est construit, on continuera de venir. »

Des vacances pour expérimenter le bénévolat

Pourquoi, en cinquième année de médecine, ces étudiantes ont-elles eu envie de s’engager comme bénévoles ? « L’an dernier, nous voulions passer une semaine de vacances solidaires ensemble. Nous avons trouvé la proposition d’aider les migrants soutenus par le Secours Catholique à Calais. » Une expérience « géniale » : « On n’avait pas l’impression d’être des gens bien qui aident des gens qui vont mal, se souviennent-elles. On était dans un échange avec eux, en train de partager une vraie relation qui est née du jour au lendemain. » En rentrant, elles se sont dit : « Maintenant, allons voir ceux qui sont près de chez nous. »

L’été solidaire est une formule qui mobilise bon nombre de jeunes. Ils peuvent aller dans le Nord de la France, comme les trois étudiantes, ou en Seine-Saint-Denis, passer quelques semaines avec des familles et personnes isolées à la Cité Saint-Pierre de Lourdes ou à Méry-sur-Oise, animer des accueils de jour pour les personnes sans-domicile à Montpellier…

Et comme ces jeunes filles, à leur retour, beaucoup s’engagent ensuite pour plusieurs mois ou une année. Ainsi, les propositions appelées “Young Caritas” se multiplient dans le réseau français du Secours Catholique.

Génération solidaire

À Angers, chaque jeudi soir, c’est “génération solidaire” : la maison de retraite accueille une dizaine de jeunes bénévoles pour des jeux, des soirées à thème. « L’an dernier, ils sont tous allés au marché de Noël ensemble », se souvient Élie Front, volontaire à la délégation de Maine-et-Loire. Un “voyage” bras dessus, bras dessous qui a touché les pensionnaires. D’autres Angevins se retrouvent une fois par mois auprès des migrants pour une soirée interculturelle.

« Nous sommes en partenariat avec une école pour cette action, précise Élie Front. Cela permet une certaine pérennité, car les jeunes restent des bénévoles particuliers. Ils viennent pour une soirée ou deux, et peuvent s’arrêter du jour au lendemain. Leur priorité reste leurs études, leur installation dans la vie et c’est normal. »

Partir loin

Souvent vient à ces jeunes l’envie de s’engager… ailleurs. La formule des Club Caritas y répond : c’est un projet humanitaire en partenariat avec une Caritas étrangère, pensé et mené du début à la fin (sur un ou deux ans) par un petit groupe de jeunes Français.

Cette expérience a marqué Pauline, 28 ans, partie l’an dernier en Ukraine avec une quinzaine de jeunes de 14 à 18 ans. Quelques mois avant l’été, date du séjour prévu, les jeunes ont rencontré à Paris des membres de la Caritas Ukraine. « Nous étions très attachés à vivre une expérience d’immersion, à être au plus près de la culture locale et à aider la Caritas dans ses actions. »

De leur côté, les animateurs ukrainiens commençaient une campagne de recrutement de jeunes bénévoles. « Nous avons été un booster, observent les jeunes Français. Finalement, nous avons été logés chez des jeunes qui connaissaient la Caritas mais n’y étaient pas impliqués. Nous avons mené ensemble plusieurs actions auprès d’enfants et de personnes handicapées soutenus par la Caritas. Depuis qu’on est partis, ils se réunissent une fois par mois. » Et cet été, ces nouveaux bénévoles doivent venir en France à leur tour.

Sophie Lebrun
Crédits photos: © Xavier Schwebel/Secours Catholique
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