Traite des êtres humains - 6e Journée européenne

Publié le 18/10/2012
France
 

En 2012, l’être humain fait toujours l’objet d’un commerce criminel qui génère des milliards d’euros. Le 18 octobre commémore depuis six ans la lutte des associations, telles que le Secours Catholique, contre la traite des êtres humains.

Chaque année, environ 2,5 millions de personnes, majoritairement des femmes et des enfants, sont exploitées à travers le monde (800 000 dans l’Union européenne) à des fins de prostitution, travail forcé, esclavage domestique, mendicité, prélèvement d’organes…

Selon l’Organisation des Nations unies (ONU) et le Conseil de l’Europe, ce « commerce » criminel serait bien plus lucratif que les trafics de drogue et d’armes. Il ne générerait pas moins de 32 milliards d’euros de chiffre d’affaires annuel.

La 6e Journée européenne de lutte contre la traite des êtres humains, soutenue par le collectif d’associations « Ensemble contre la traite des êtres humains » (dont le Secours Catholique est moteur), vise à sensibiliser l’opinion et les politiques afin d’agir en termes de prévention et d’aide aux victimes.

Zone de non-droit entre Égypte et Israël

Un des exemples de ce trafic a été dénoncé dans le dernier rapport du département d’État américain. Ce rapport, portant sur l’année 2011 et publié le 19 juin 2012, pointe du doigt Israël, pays de destination pour les hommes et les femmes soumis au travail forcé et au trafic sexuel.

Ces dernières années en effet, l’État d’Israël a diminué de plusieurs centaines de milliers le nombre de travailleurs palestiniens venant de Cisjordanie ou de la bande de Gaza. Il fait à présent appel à des travailleurs asiatiques sans qualification par le biais d’agences privées de recrutement qui demandent à ces personnes des sommes exorbitantes, de 3 000 à 15 000 euros, et leur confisquent généralement leurs passeports, ce qui oblige les migrants à un travail forcé.

Le département d’État reconnaît cependant qu’en 2011 Israël tend à se rapprocher des standards minimaux de lutte contre le trafic des êtres humains.

Au sud d’Israël, dans le Sinaï égyptien, des migrants arrivent d’Érythrée et du Soudan au rythme d’environ 2 000 par mois. Dans cette zone de non-droit, des camps de torture et des trafiquants d’êtres humains attendent ces migrants qui sont soit soumis à une servitude sexuelle dans le Sinaï égyptien, soit envoyés en Israël après avoir dû payer une rançon. Dans son appel lancé en août dernier, l’Église catholique de Terre sainte fait écho à Benoît XVI qui, déjà en 2010, avait dénoncé ces trafics : « des centaines de victimes, écrit l’Assemblée des ordinaires catholiques de Terre sainte (AOCTS), sont prises en otage par des “bandes de criminels” dans des camps au Sinaï et violemment torturées, tandis que leurs familles paient des rançons pour leur libération. »

Pour porter à la connaissance du public cette inimaginable réalité, sœur Azezet Habtezghi, religieuse polyglotte érythréenne, a réalisé des centaines d’interviews pour l’association israélienne Physicians for Human Rights-Israël (www.phr.org.il), apportant ainsi une somme précieuse d’informations sur cet épouvantable trafic.

Ces victimes sont prises en charge par des associations israéliennes. Le Secours Catholique apporte son soutien à l’action de certaines d’entre elles. Mais le gouvernement israélien se refuse à considérer ces migrants comme des demandeurs d’asile et les assimile à des personnes infiltrées. Ces victimes sont prises entre les attaques de violentes campagnes de presse et des défenseurs des droits de l’homme qui, jusqu’ici, ont évité leur renvoi immédiat.

Le gouvernement de Benjamin Netanyahu est en train de construire dans le Néguev des camps qui pourront enfermer jusqu’à 10 000 de ces migrants.

 

C.J. - B.F. - J.D.
© Marlene Awaad/IP3/MAXPPP
Homme levant les bras
Plus d'informations
Droits humains
# sur le même thème