Traite des êtres humains : identifier les victimes en zones de conflits

Publié le 13/06/2014
Albanie, Bosnie-Herzégovine, Bulgarie, France, Roumanie, Slovénie
 

Réunies à Beyrouth du 26 au 28 mai, six des onze Caritas (Secours Catholique, Slovénie, Albanie, Bulgarie, Roumanie, Bosnie-Herzégovine) engagées au sein du projet euro-méditerranéen de lutte contre la traite des êtres humains ont travaillé sur la question de l’identification des victimes du fléau dans les zones de conflit. Elnara Petit, chargée de projets Europe du Sud-Est au Secours Catholique, était présente.

Quel a été l’élément saillant de cette rencontre dans la capitale libanaise ?

La priorité réaffirmée et approfondie par les six Caritas à Beyrouth a été : comment identifier et protéger les victimes de la traite dans les zones de conflit et de post-conflit. Dans les premières, on trouve le Liban, la Turquie, l’Arménie et l’Ukraine. Dans les secondes, la Bosnie-Herzégovine, la Slovénie, le Kosovo et l’Albanie. C’est la raison pour laquelle nous avons visité deux camps de réfugiés à la frontière syrienne et une maison d’accueil pour les enfants de la rue, près de Beyrouth.

Nous avons essayé de comprendre la situation personnelle des femmes réfugiées, des Syriennes, en discutant avec elles. Beaucoup de femmes sont restées seules avec des enfants et peu d’hommes sont présents. La maison d’accueil, quant à elle, unique au Liban, a une capacité d’accueil réduite (75 enfants) alors que les besoins de protection de ces derniers sont énormes.

Au Liban, qui contraint les enfants à travailler ou à se prostituer ?

Ce sont leurs parents ou des réseaux criminels implantés à l’intérieur des communautés, syrienne ou palestinienne. Le procureur général nous a ainsi parlé d’un enfant syrien vendu par son père pour être exploité sexuellement. Les réseaux, très fermés, rendent difficile l’identification des victimes dans cette zone de conflit et, en conséquence, déterminent l’objectif prioritaire des onze Caritas de former leurs membres dans ce domaine. J’insiste sur le fait qu’aucune instance n’existe pour protéger ces enfants travailleurs ou obligés de se prostituer.

Pour le second semestre 2014, quel est l’axe de travail des 11 Caritas mobilisés ?

Nous travaillons sur l’axe suivant : comment renforcer nos partenaires Caritas dans leur capacité à mieux identifier les victimes de la traite, à les accompagner et déterminer les réseaux qui les exploitent.

Une rencontre de formation rassemblant les onze Caritas est prévue en novembre 2014 en Turquie avec l’objectif, toujours, de trouver des mécanismes efficaces pour identifier les victimes, ou victimes potentielles, de la traite parmi les personnes déplacées par les conflits dans la région : Syriens, Afghans, Irakiens…

Notes:

[1] Secours Catholique, Slovénie, Albanie, Bulgarie, Roumanie, Bosnie-Herzégovine, Kosovo, Liban, Arménie, Ukraine, Turquie.

Yves Casalis
© Patrick Delapierre/Secours catholique
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