Vanuatu, un an après le cyclone

Publié le 10/03/2016
Vanuatu
 

Un an après le passage ultraviolent du cyclone Pam sur l’archipel du Vanuatu, État indépendant à l’est de l’Australie, le Secours Catholique-Caritas France a décidé de soutenir en priorité 247 enfants dont l’école été sérieusement endommagée.
 

ENTRETIEN AVEC THIERRY CUENOT, RESPONSABLE URGENCES FRANCE AU SECOURS CATHOLIQUE

 

Quelle est la situation dans l’archipel depuis le cyclone ?


Thierry Cuenot : Après la catastrophe, l’arrivée de l’aide humanitaire dans des avions gros-porteurs a détérioré la piste de l’aéroport de Port-Vila, la capitale située sur l’île d’Efaté, une des 70 îles habitées. Plusieurs compagnies internationales ont suspendu leurs vols ; ce qui a privé de ressources des dizaines de travailleurs saisonniers, des milliers de touristes ne pouvant plus se rendre sur l’archipel (110 000 touristes en 2013).

Autre difficulté : sur l’île de Tanna, plus au sud, la sécheresse est préoccupante. L’eau manque. Le cyclone a fait tomber les toits collecteurs d’eau. En outre, à proximité de Yasur, un volcan en activité, les cendres font des dégâts considérables dans les cultures.
 

Six volcans actifs, une quinzaine de volcans dormants, des risques sismiques, cycloniques, et de tsunamis majeurs : Vanuatu est l’un des territoires les plus exposés de la planète…

 
C’est exact ! Et il faut reconnaître que la communauté internationale aide peu le Vanuatu à s’organiser face à ces risques énormes. Heureusement, les savoirs traditionnels ancestraux limitent le nombre de victimes. Ainsi, les nakamals , des abris communautaires en végétaux, ont sauvé des vies lors du passage de PAM (les vents soufflaient à 300 km/h) qui a provoqué la mort de 24 personnes.  
 

Les diocèses de Wallis-et-Futuna et Nouméa (Nouvelle-Calédonie) prennent en charge la réhabilitation d’une école catholique à Tanna. Le Secours Catholique cofinance également les travaux (150 000 euros). Pourquoi ?


Parce que l’enseignement est une priorité de l’Église catholique locale et qu’aucun partenaire n’est prêt à s’engager sur ce chantier. Parce que 40 % des enfants ne sont pas scolarisés au Vanuatu et que, ainsi, nous aidons des familles en butte à de lourdes difficultés financières, sociales et culturelles.

L’école dont vous parlez, qui a subi des dégâts importants, a rouvert mais dans des conditions très précaires. Les travaux de réhabilitation qui vont bientôt démarrer permettront de réparer les toits et les murs et donc de collecter l’eau de pluie à nouveau.

À la fin du chantier, prévue en février 2017, les 247 enfants disposeront de salles de classe remises à neuf et plus résistantes aux catastrophes. Et les 8 professeurs des écoles seront, eux, logés à proximité dans de bien meilleures conditions. 
 

Pour aller plus loin, retrouvez l'interview de Thierry Cuenot sur Radio Rythme Bleu, à Nouméa :

 
Yves Casalis
Crédits photos : DR
Caritas Jerusalem en soutien à Gaza
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