Bis : une marque de luxe au service de l’insertion

Publié le 18/04/2013
Paris
 

Plus d’un an après l’ouverture de la boutique Bis solidaire, lancée grâce au financement du Secours Catholique, le bilan est plus que positif, il est prometteur.

« Notre chiffre d’affaires a été bien supérieur à ce que nous avions prévu, annonce Rémi Antoniucci, le responsable de Bis, la boutique solidaire ouverte depuis le 13 mars 2012 sur le boulevard du Temple à Paris. Nous tablions sur 300 000 euros, nous avons atteint les 700 000 euros, plus du double. »

Conservant la tête froide et le succès modeste, ce grand jeune homme mince – vêtu d’un T-shirt blanc et d’un jean noir quelle que soit la saison – met en avant les objectifs d’insertion du projet initial. « Parmi les 12 personnes qui étaient en insertion du début, dit-il, 11 sont aujourd’hui dans l’emploi », c’est-à-dire qu’elles ont trouvé un travail après leur passage chez Bis.

Cette boutique solidaire, en effet, était un chantier d’insertion. Depuis quelques mois, Bis est devenue une entreprise d’insertion. Rémi explique la différence : « Le chantier d’insertion ne doit pas faire plus de 50 % de recette marchande et les employés ne doivent pas travailler au-delà de 26 heures par semaine. Ce chantier s’adresse aux chômeurs de longue durée, à ceux qu’on qualifie de public très éloigné de l’emploi. »

Une entreprise qualifiante

L’entreprise d’insertion, en revanche, est une entreprise comme une autre, avec ses 35 heures de travail hebdomadaire. Non seulement cette entreprise propose des formations très qualifiantes, mais au travailleur, elle apporte un titre diplômant à la fin de son contrat d’insertion. À noter enfin que les aides d’État sont plus réduites pour l’entreprise que pour le chantier d’insertion.

L’année 2013 s’annonce donc sous de bons augures. Depuis son ouverture, Bis a traité plus de 300 000 vêtements (collecte, tri, nettoyage, mise en rayon). La collecte de la rue du Bac (adresse où se situe le siège du Secours Catholique, dans le 7e arrondissement de Paris) a permis d’alimenter la boutique. Rémi Antoniucci souhaite pourtant augmenter de 50 à 100 % la collecte de vêtements déposés, car « Bis est la seule boutique de ce genre sur ce type de marché ».

Une autre dimension de l’insertion

En effet, si la boutique tient toutes ses promesses, c’est en grande partie grâce au « savoir bien collecter ». Le succès, c’est son concept : « qualité, sélection, dépôt de vente de luxe, poursuit Rémi. Cela attire les personnes qui ont de l’argent. Et le fait de gagner de l’argent donne une autre dimension à l’insertion. »

Dans l’atelier, les salariés sont responsabilisés au niveau du chiffre d’affaires à atteindre. Chacun est responsable d’un poste particulier (chaussures, pantalons, etc.). Chacun réalise une part du chiffre d’affaires et naturellement il est informé des résultats de son secteur.

L’an prochain, Rémi prévoit de doubler le nombre des salariés en insertion et peut-être même d’arriver jusqu’à 30 personnes.

 

BIS Boutique solidaire – 7, boulevard du Temple, 75003 Paris
www.bisboutiquesolidaire.fr
Horaires d‘ouverture : du mardi au samedi de 10 h à 19 h 30

Jacques Duffaut
© BIS Boutique solidaire
Jeune homme réparant un ordinateur
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