Traite des êtres humains : le Secours Catholique reçu place Beauvau

Publié le 24/09/2014
 

Bernard Cazeneuve, ministre de l’Intérieur, a reçu, mardi 23 septembre, Pierre Colmant, vice-président du Secours Catholique, et plusieurs autres membres du collectif Ensemble contre la traite des êtres humains pour amplifier la lutte contre toutes les formes de traite.

Le 23 septembre, le ministère de l’Intérieur avait donné rendez-vous au collectif Ensemble contre la traite des êtres humains dans ses locaux de la place Beauvau. Ce collectif, qui regroupe une vingtaine d’associations et que pilote le Secours Catholique, était conduit par Pierre Colmant, vice-président de l’association. Bernard Cazeneuve, entouré d’une poignée de conseillers, dont le directeur adjoint de son cabinet, a consacré une heure aux membres du collectif.

« J’ai trouvé le ministre très réceptif à nos revendications. Il semblait bien connaître le dossier, explique Pierre Colmant. Il était au courant de nos constats et de nos propositions sur le sujet. » Selon le vice-président du Secours Catholique, « M. Cazeneuve a considéré que le sujet était important et qu’il entendait faire de son ministère le moteur d’un travail interministériel ». En effet, la traite des êtres humains concerne différents ministères : Justice, Éducation, Droits de la femme, Affaires sociales ainsi que les services du Premier ministre.

Formation et information

Bernard Cazeneuve a reconnu que « le point d’arrivée des plaintes des victimes de la traite se faisait au niveau des forces de police et de gendarmerie et que des améliorations devaient être apportées à cet accueil ». Autour de la table, tous ont admis que le problème est lié à l’information et à la formation des personnels recevant les victimes. Le ministre, qui doit rencontrer les forces de police et de gendarmerie le 30 septembre prochain, a promis de mettre le sujet à l’ordre du jour de cette rencontre.

La traite des êtres humains a plusieurs facettes : exploitation sexuelle, travail forcé, mendicité ou encore sollicitation à commettre des délits. Le ministre, conscient de ces distinctions, a indiqué qu’il ne pourrait y avoir de « traitement uniforme sur l’ensemble du territoire, car nous n’avons pas dans le Cantal les mêmes problèmes qu’en Seine-Saint-Denis. Mais cela concerne mon ministère et je ferai en sorte que les préfectures s’emparent du sujet et en fassent une priorité. »

Expérience de terrain

Toutefois, Pierre Colmant précise que le ministre, également en charge de la politique migratoire française, ne souhaite pas que la procédure protégeant les victimes de la traite d’êtres humains soit détournée au profit de migrants en situation irrégulière. « J’ai un problème de politique migratoire, a-t-il dit. Je veux qu’on traite de manière humaine les personnes qui arrivent en France, mais il n’est pas question de créer un appel d’air. »

Bernard Cazeneuve souhaite s’appuyer sur l’expérience de terrain des 23 associations composant le Collectif, notamment en mettant l’accent sur la distinction entre victimes et délinquants. Geneviève Colas, membre fondateur du Collectif et responsable de cette thématique au Secours Catholique, a rappelé à l’aréopage ministériel cette importante distinction : « On ne peut pas être à la fois victime et délinquant. Dès l’instant où le délinquant est sous la pression d’une autre personne ou d’un groupe, il doit être considéré comme victime. Il y a tout un travail de formation à faire. »

Le ministre a dit considérer le monde associatif comme un partenaire en la matière. Pour poursuivre la collaboration amorcée lors de cette réunion, il a nommé un de ses proches collaborateurs pour servir de relais entre le ministère et le collectif Ensemble contre la traite des êtres humains.

Jacques Duffaut
Crédits photos: © Lionel Charrier-Myop/Secours Catholique
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